L’ONU et le sionisme

Une mésentente concertée.

Durban I et la haine antijuive, Durban II à Genève avec le fasciste Ahmadinejad à la tribune, l’interdiction de la critique de la religion musulmane,… Nos médias feignent de découvrir que c’est loin d’être une nouveauté dans les coulisses de l’ONU, et nos dirigeants s’ingénient à faire croire qu’il s’agirait d’un cas isolé, bref que le bateau n’est pas déjà en train de couler…

Ce n’est pas un hasard non plus si les mêmes pays qui veulent interdire la critique des politiques racistes à l’oeuvre dans les pays musulmans sont ceux qui font sans cesse obstacle à la reconnaissance de la judéophobie musulmane. Logique d’intimidation, logique de confrontation.

Et tout cela finit par des formules creuses, des pourcentages truqués, et des déclarations lénifiantes…


Une illégalité factice et une inégalité de fait.

On entend souvent parler d’une prétendue illégalité de l’Etat d’Israel. Entendez par là la mise au ban concertée d’un pays tout aussi légitime qu’un autre.

Les antisionistes sont passés expert ès mauvaise foi et déformations de certaines résolutions de l’ONU. Bien sûr, que des pays fassent annuler les Commissions consacrées à la Défense des droits humains au Darfour ne soulève chez eux aucune indignation. D’autant plus que ce sont les mêmes qui font obstacle à la reconnaissance du génocide du Darfour et qui organisent les campagnes de dénigrement et de délégitimation d’Israel…

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Parmi l’ensemble des manoeuvres de ces pays à l’ONU visant à anéantir Israel, je vous propose d’en évoquer les principaux jalons pour comprendre, comment, finalement, ces manoeuvres décrédibilisent le principe même de l’ONU ou des droits de l’homme.


Une politique onusienne ubuesque.

À quoi sert l’ONU (Assemblée Générale et Conseil des droits de l’homme) ? Paradoxe hautement significatif, ce sont précisément ceux qui bafouent les règles du droit international qui l’invoquent pour stigmatiser Israel. L’asymétrie entre l’importance réelle du conflit arabo-israélien et le nombre d’institutions consacrées à l’accusation d’Israel est significative d’un dévoiement du rôle de l’institution internationale. N’oublions pas que l’Iran co-préside la Commission des Droits de l’Homme…

Environ un tiers des résolutions prises par la Commission des droits de l’homme de l’ONU condamne Israel, seul Etat à être évoqué sur chacun des ordres du jour. Sur les dix convocations urgentes de l’Assemblée générale (jusqu’en 1997), 60% concernaient Israel, avant une inflation de convocations-réquisitoires pendant l’intifada (plus de 12 convocations en cinq ans exclusivement pour évoquer la politique de l’État israélien, et aucune pour évoquer la Tchétchénie, le Darfour…).

Israel est le seul pays à avoir un contrôleur interétatique permanent depuis 1968 (c’est-à-dire depuis la création ex nihilo du nationalisme palestinien).

Il existe un Comité spécial chargé d’enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme du peuple palestinien et des autres Arabes des territoires occupés (Remarque : son intitulé indique clairement que la population n’est pas entièrement « palestinienne » donc autochtone, accréditant la preuve d’une immigration arabe nombreuse en Palestine géographique… Nous sommes loin de l’idée peu crédible d’un peuple entier chassé de sa terre… À moins qu’on ne l’applique au peuple juif…).

Depuis le 10/11/1975, l’ONU s’est dotée d’un comité de 49 membres et observateurs chargé d’étudier l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, en charge de plus d’une trentaine de rapports par an.

Bien sûr aucun comité spécial sur les exactions russes en Tchétchénie, aucun comité sur l’exercice des droits inaliénables des peuples chaldéens persécutés, aucune commission concernant les exactions en chine contre les Uyghurs, les Tibétains, les opposants politiques…

L’indignation sélective et partiale.

En avril 2002, le commissaire général de l’UNRWA, Peter Hansen, déclare avec une emphase surjouée, que les opérations à Jénine sont une « catastrophe humanitaire qui avait peu de parallèles dans l’histoire récente ». Petit rappel : le rapport du Secrétaire général de l’ONU, daté de l’été 2002, conclut que la « catastrophe humanitaire » avait coûté la vie à 52 individus dont 35 combattants armés. Ce sont les Rwandais qui peuvent être contents du sens de l’humanitaire de l’ONU…

Autre exemple, même disproportion : en 2003, on compte 18 résolutions de l’Assemblée Générale à charge contre Israel, quatre pour le reste du monde. Les exactions relevées par exemple par RSF ou HRW en Chine, Syrie, Egypte, Arabie Saoudite, Pakistan, Mali, Zimbabwe, Malaisie, Bahrein, Émirats Arabes Unis sont passées complaisamment sous silence.

En 2004, dix ans après sa création, la Commission spéciale sur les Droits de l’homme au soudan est annulée. Non en raison d’un subit respect des Droits humains, mais suite aux menaces du Pakistan. En effet, le projet de résolution condamnant la nouvelle législation soudanaise, incluant la lapidation des femmes ou les amputations croisées de condamnés (dans des procès menés sans aucune équité) constituerait une insulte envers les pays musulmans.

En 1999, le principe de non-ingérence par les alliés de la Russie, Syrie en tête, est invoqué pour ne pas condamner la Russie du Premier ministre Poutine pour les exactions commises en Tchétchénie.

Logique onuesque : les réserves concernant l’ingérence dans les affaires intérieures d’un pays ou l’offense collective ne s’appliquent plus dès lors qu’il s’agit d’Israel.

L’apologie des crimes antijuifs.

John Dugard, rapporteur de la Commission des Droits de l’homme, illustre en 2002 le sens des valeurs de l’humanisme  :

« Alors que les auteurs d’attentats-suicides ont semé la terreur au coeur d’Israel, des groupes militarisés armés de fusils, de mortiers et de roquette Qassam affrontent Tsahal avec une détermination, une audace et un succès renouvellés. »

Je serais vraiment reconnaissant à quiconque m’explique quel est le lien entre l’apologie de la guerre totale menée contre Israel et les Droits de l’Homme ?…

Soutien sans réserve à la militarisation et à l’insurrection armée, louange scandaleuse des assassinats terroristes contre les cibles civiles israéliennes, et enfin grotesque erreur d’appréciation, puisque Tsahal réussit à vaincre l’insurrection et à rétablir la paix au grand bénéfice des Arabes de Palestine.

La non-reconnaissance de l’antisémitisme.

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1959 : Première résolution de la Commission des Droits de l’Homme suite au recensement de plusieurs milliers d’aggressions antijuives intitulée« Manifestation d’antisémitisme et autres formes de préjugés raciaux et d’intolérance religieuse de la même nature. » Le mot « antisémitisme » du rapport est supprimé avant le passage de la résolution devant l’Assemblée Générale.

1964-1965 : Convention Internationale sur l’Élimination de toutes les formes de discrimination raciale (cela ne vous dit rien…) : refus par les soviétiques et ses alliés arabes d’inclure l’antisémitisme, ce ne serait pas une question de race, mais de religion…;

1981 : Première déclaration de l’ONU sur l’Intolérance. L’antisémitisme en est retiré. Selon les pays musulmans, ce ne serait pas une question de religion….

1994 : Commission des Droits de l’Homme. Seconde résolution mentionnant l’antisémitisme, avant d’être à nouveau retiré par les membres de la Commission.

2001 : Durban I. L’antisémitisme est inclus dans les travaux de l’atelier « Moyen Orient », avant qu’il disparaisse au profit des palestiniens, présentés comme victimes du sionisme.

Décembre 2003 : Retrait par l’Irlande d’un projet de Résolution des NU sur l’antisémitisme avant sa présentation à l’Assemblée Générale, en raison de l’« absence de consenus » (objections des pays musulmans).

2003-2004 : Doudou Diègne, rapporteur spécial de l’ONU sur le racisme, se contente de mentionner dans deux rapports une nette résurgence de l’antisémitisme en Europe, et excluant la judéophobie des pays du Moyen-Orient, et produit plusieurs rapports sur les « Discriminations envers les musulmans ou les arabes dans le monde ».

C’est aussi la non-reconnaissance du statut de réfugiés aux Juifs expulsés des pays arabes (de la « Cisjordanie » à l’Iraq, en passant par le Maghreb ou l’Iran)

L’autodétermination et l’oppression.

Flambeau de la judéophobie, la résolution 3379 sert souvent de caution à la dénonciation cynique du sionisme comme racisme. Explications.

Le principe d’auto-détermination des peuples est reconnu par l’ONU qui considère que « tous les peuples ont un droit à l’autodétermination. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel ». Pourquoi ce droit n’est-il pas reconnu au peuple juif ?

Tout d’abord le changement de composition de l’Assemblée Générale suite aux mouvements de décolonisation, avec un apport important de pays musulmans va entraîner une politique de contestation institutionnelle de l’Etat d’Israel, avec une constante minimisation des autres conflits du monde. Ensuite, il faut avoir à l’esprit que l’autodétermination est conçue par ces nouveaux pays comme le principe régissant la décolonisation : l’oppresseur est identifié à celui qui prive du droit à l’autodétermination (le colonisateur) tandis que l’opprimé devient celui qui réclame son droit inaliénable (le colonisé).

Bien que l’indépendance juive correspondent à la lettre à la déclaration de l’ONU et au sens du mot « autodétermination », elle fait l’objet d’un constant acharnement. Ce sont justement ceux qui rejetèrent la Résolution de novembre 1947 qui furent considérés comme des opprimés, les victimes juives et les survivants de la Shoah comme des oppresseurs.

La raison ? La lecture anti-occidentaliste de l’idée d’autodétermination, quand bien même elle sape les principes de l’institution internationale. Et l’autodétermination des Palestiniens est inexistante des déclarations de l’ONU jusqu’en 1967, quand la victoire israélienne laisse craindre que l’indépendance juive ne devienne irréversible. La cause arabe va donc se jouer dans les rangs de l’ONU.


La condamnation du sionisme par l’ONU.

Dans quel contexte une résolution aussi scandaleuse a-t-elle eu lieu et pourquoi a-t-elle été abrogée ?

  1. Le Secretaire général de l’ONU est depuis 1972 l’autrichien, et ancien nazi, Kurt Waldheim.
  2. 1972   Massacre de 11 Israéliens aux JO de Munich.
  3. Guerre du Kippour engagée par les Egyptiens et les Syriens contre Israel.
  4. Chantage pétrolier des pays arabes (hausse des prix du brut), entraînant la mise au pas des Européens.
  5. ONU : statut d’observateur accordé à l’OLP (en tant qu’organisation de libération de la palestine, donc légitimant la destruction d’Israel)

Elle a donc été adopté dans un contexte d’offensive arabe clairement anti-israélienne.

Le 10 novembre 1975, l’Assemblée Générale adopte la résolution 3379 qui affirme notamment que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ». Déclaration annulée formellement en 1991. Mais son empreinte idéologique reste persistante, notamment dans la rhétorique révisionniste comparant Israel à l’Afrique du Sud (« mur de l’apartheid »…)

Le calcul était simple : en s’en prenant au sionisme, il s’agissait de rendre équivalents le libération nationale du peuple juif et le racisme, en dépit de l’évidence même de l’absurde d’une telle déclaration (qui s’applique en revanche avec précision au nationalisme anti-juif « palestinien »).

Connu pour son soutien à la cause arabe, Kofi Annan, ancien Secrétaire général de l’ONU, a admis en 2004 :

« Force est de reconnaître que les actions de l’Organisation des Nations Unies en matière d’antisémitisme n’ont pas toujours été à la mesure de ses idéaux.  Il est déplorable que l’Assemblée générale ait adopté en 1975 une résolution dans laquelle elle assimilait le sionisme au racisme et je me félicite qu’elle soit depuis revenue sur sa position » (Communiqué de presse SG/SM/9375, 7 juillet 2004).

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