On entend souvent qu’Israel -les Juifs, ou les sionistes- devraient être exemplaires, ou, plutôt, devraient être plus exemplaires, plus patients, plus magnanimes, plus modérés… que leurs adversaires, qui ne prônent rien d’autre que la soumission et la destruction du peuple juif.

Ce statut à part serait, dit-on, le résultat du sacerdoce éternel que les Juifs doivent assumer: le peuple élu par D. pour porter la charge des 613 commandements. Ces mêmes principes d’essence religieuse qui fondent le sionisme. Si l’on accorde au peuple juif un statut à part, pourquoi ne pas lui associer son corollaire, à savoir son retour sur sa terre ? Si le peuple juif doit être exemplaire, pourquoi ne pas reconnaître qu’il est aussi cible constante du terrorisme depuis la restauration de la souveraineté juive qui participe de son exemplarité en tant que peuple élu pour porter les 613 mitsvot ? Devrait-il au nom de cette exemplarité oublier le sort des victimes et accorder aux assassins une légitimité qui ne saurait être accordée à quiconque ?

On entend souvent, également, qu’Israel -les Juifs, ou les sionistes- sont un peuple comme les autres, qu’il n’a pas plus de droit qu’un autre, et que finalement, la plupart des Juifs ne sont pas pratiquant et ne croient donc même pas à la promesse de D., donc celle de la terre d’Israel. Ceux qui invoquent ce principe de réciprocité, pourquoi ne l’appliquent-ils pas aussi à Israel dans son droit à l’existence et à la défense ?

Parce que le peuple juif devrait être exemplaire? Dans ce cas, laissez-le être exemplaire sur sa terre! Non? Parce que le peuple juif n’a pas plus de droit que d’autres sur cette terre, dites-vous? Alors accordez lui l’égalité que vous revendiquez pour d’autres!

___________________________________________

Que D. leur accorde la paix

___________________________________________

(recensement partiel (donc inférieur au nombre d’attaques subies) des attentats en Israel entre 1978 et 1993)

1978

8 janvier 1978: Jerusalem: attaque à la grenade: 3 blessés.

14 février 1978: Jerusalem: attaque contre un bus: 2 victimes, 48 blessés.

19 février 1978: Jerusalem: explosion d’une bombe à l’université hébraïque: 1 arabe tué, 1 blessé.

11 mars 1978: Tel Aviv: Attaque contre un plage de Tel Aviv, treize terroristes accostent sur la plage et prennent en otage un bus, qui explosera: 43 tués ainsi que neuf des terroristes, 72 blessés.

26 avril 1978: Galilée: 2 allemands tués par une attaque à la grenade contre un bus en direction de Jerusalem.

2 juin 1978: Jerusalem: Explosion dans un bus: 6 victimes, 19 blessés.

29 juin 1978: Jerusalem: bombe dans un marché, 2 tués, 47 blessés.

3 août 1978: Tel Aviv: explosion dans un magasin de vêtement pour enfants, 1 mort, 50 blessés.

18 août 1978: Tel Aviv: explosion sur un marché: 1 civil tué.

19 novembre 1978: Explosion dans un bus: 4 victimes et 30 blessés (dont des citoyens belges, canadiens, suédois, anglais).

16 decembre 1978: Jerusalem: explosion dans un bus: 22 blessés dont 5 américains.

1979

13 janvier 1979: Ma’alot: 1 victime est tuée en tant de s’échapper de trois terroristes qui tentent de prendre en otage un hotel, 5 blessés.

18 janvier 1979: Jerusalem: 21 blessés dûs à l’explosion d’une bombe sur un marché.

19 janvier 1979: Nahariya et Qyriat Shmona: 4 blessés dans deux attaques.

28 janvier 1979: Natanya: 2 tués et 34 blessés dans une explosion le matin dans un marché.

28 février 1979: Jerusalem: 6 blessés dans une explosion à nouveau dans un marché.

7 mars 1979: Jerusalem: Plaza Hotel: explosion d’une bombe dans un bus face à l’hotel, 12 blessés.

23 mars 1979: Jerusalem: Square de Sion: 1 victime et 13 blessés par une bombe.

26 mars 1979 : lod: 19 blessés par une explosion dans le marché.

27 mars 1979: Tel Aviv: 1 victime et 14 blessés: bombe dans le centre ville.

6 avril 1979: Jerusalem: 13 blessés dans un arrêt de bus dans un quartier arabe.

10 avril 1979: Tel Aviv: 1 tué, 36 blessé dans une explosion sur un marché.

15 avril 1979: Tirat Zir: 4 terroristes sont repérés en train de franchir le Jourdain et sont abattus.

17 avril 1979: frontière libanaise: 1 soldat tué et 6 blessés par des 6 fedayin du Liban.

21 avril 1979: Nahariya: 2 enfants et 2 adultes tués par 4 terroristes qui attaquaient un immeuble, on compte 4 autres blessés.

14 mai 1979: Tiberias: 2 enfants victimes et 32 blessés par l’explosion d’une bombe;

23 mai 1979: Petah Tiqva: attentat à un arrêt de bus provoquant 3 victimes et 13 blessés.

3 juin 1979: Jerusalem: 3 blessés par une explosion dans une librairie.

6 juillet 1979: Jerusalem: 3 français blessés par l’explosion d’une bombe à proximité des bureaux de l’ONU.

7 juillet 1979: Kfar manda: 4 victimes et 11 blessés (bombe).

5 août 1979: Jerusalem: 2 blessés à cause d’une explosion.

21 août 1979: Tel Aviv: 4 blessés dans un parc de jeu.

5 septembre 1979: Jerusalem: 1 blessé suite à une explosion d’une bombe.

15 septembre 1979: Tel Aviv: un attentat blesse un policier.

19 septembre 1979: Jerusalem: 1 tué et 58 blessés lors d’une explosion.

27 septembre 1979: Tel Aviv: 6 blessés par trois bombes;

24 octobre 1979: Tel Aviv: un blessé par un attentat à un terminus de ligne de bus.

19 novembre 1979: Jerusalem: 13 blessés suite à une explosion à un arrêt de bus.

1980

3 février 1980: Rehovot: une bombe explose et blesse 6 israéliens.

11 février 1980: Petah Tiqva: 10 blessés.

7 avril 1980: Misgav Am: 5 terroristes prennent en otage 9 enfants: bilan 3 tués dont 1 enfant, 1 soldat et 1 civil, 16 blessés dont 4 enfants.

2 mai 1980: Hebron: attentat contre des fidèles quittant la synagogue: 6 victimes et 16 blessés.

26 mai 1980: Hebron: 1 policier poignardé.

10 juin 1980: Jerusalem: un policier blessé par balle.

16 juin 1980: Rosh Hanikra: 1 soldat blessé en interceptant un bateau qui tente d’accoster à Rosh Hanikra (trois terroristes tués).

17 août 1980: Jaffa: une voiture piégée provoque 1 mort, 8 blessé.

24 août 1980: Jerusalem: explosion à une station essence: 1 victime et 12 tués.

13 septembre 1980: Jerusalem: explosion tardive d’une bombe blessant 2 civils.

5 octobre 1980: Givatayim: 3 victimes et 7 blessés par l’explosion d’une bombe;

18 octobre 1980: Jerusalem: un blessé par explosion.

25 octobre 1980: Tel Aviv: 2 blessés par une bombe à un arrêt de bus.

25 octobre 1980: Jerusalem: 13 soldats et 1 civil blessés.

6 novembre 1980: Qyriat Shmona: attaque à la roquette: 5 blessés.

4 decembre 1980: Shilo: explosion d’une bombe qui tue Muhammad Jaber Mirhal.

10 decembre 1980: Jerusalem: une bombe explose sous une voiture: 2 blessés;

1981

29 janvier 1981: nord d’Israel: attaques à la roquette: une dizaine de blessés.

7 février 1981: près de Gaza: une grenade visant des soldats explose trop tôt et tue deux palestiniens.

24 avril 1981: Jerusalem: 1 arabe blessé par l’explosion d’une bombe.

14 juillet 1981: près de Kissufim: 1 soldat tué et 5 blessé par une bombe.

15 juillet 1981: nord d’Israel: attaque à la roquette provoquent le décès de 3 civils et 25 blessés.

30 août 1981: Naplouse: 1 enfant arabe tué par l’explosion d’une bombe sur un marché.

12 septembre 1981: Jerusalem: attaque à la grenade! 1 mort et 28 blessés essentiellement italiens.

31 octobre 1981: Hebron: 3 blessés à Hebron dont 1 israélien poignardé.

1982

11 avril 1982: Jerusalem: un extrémiste juif tue à au fusil 2 fidèles et en blesse 25 sur le dome du rocher.

28 juin 1982: Eilat: attaque contre des ouvriers: 1 blessés.

1983

8 janvier 1983: Tel Aviv: 12 blessés lors d’une attaquaient à la grenade.

1 juillet 1983: Hebron un américain poignardé.

6 decembre 1983: Jerusalem: une bombe explose dans un bus et tue 6 civils et en blesse 43.

1984

28 février 1984: Jerusalem: double attaque à la grenade contre un magasin: 21 blessés.

5 mars 1984: Ramallah: attaque contre un bus par des fedayin: 7 palestiniens blessés.

8 mars 1984: Ashdod: une bombe explose et tué 3 civils, 9 sont blessés.

2 avril 1984: Jerusalem: trois terroristes tirent à l’arme automatique contre les civils dans une rue commerçante: 48 blessés.

12 avril 1984: Gush Katif: 4 terroristes prennent un otage un bus, un des otages est tué et 7 sont blessés.

23 avril 1984: près de Qalqiliya: 2 blessés par une explosion.

1 decembre 1984: Jerusalem: 3 blessés lors d’une attaque à la grenade.

17 decembre 1984: Tel Aviv: 3 blessés, attaque à un arrêt de bus.

1985

19 avril 1985 1 killed in shooting in Jerusalem

21 avril 1985: Haifa: tentative d’accostage de 20 terroristes déjouée par la marine israeli.

28 avril 1985: frontière jordanienne: 1 soldat blessé par une grenade jetée par un soldat jordanien.

30 avril 1985: Bat pam: attaque à la grenade contre un bâtiment officiel: 1 blessé.

23 juin 1985: Beit Shemesh: 2 civils tués par des terroristes.

24 juin 1985: Jerusalem: un enfant blessé par une bombe près d’un arrêt de bus.

8 juillet 1985: Holon: 5 blessés par l’explosion d’une bombe à un arrêt de bus.

31 juillet 1985: Haifa: une bombe vise une usine et blesse 3 blessés.

29 août 1985: Jerusalem: 1 israélien poignardé.

2 septembre 1985: Gilo: explosion d’une bombe fait 6 blessés.

23 septembre 1985: Akko: un blessé lors de l’explosion d’une bombe.

25 septembre 1985: Jerusalem: un blessé par une bombe au mont Scopus.

26 septembre 1985: Gilo: 7 blessés à un arrêt de bus.

29 septembre 1985: Haifa: double explosion simultanée fait 5 blessés.

6 octobre 1985: près de Jerusalem: 3 civils tués par une fusillade.

7 octobre 1985: Jerusalem: 11 blessés par un attentat contre un immeuble résidentiel.

24 octobre 1985: Afula: attentat au marché central: 5 blessés.

11 novembre 1985: Jerusalem: un soldat poignardé et blessé.

26 decembre 1985: Tal Aviv: attaque à la bombe devant un restaurant: 1 blessé.

1986

30 janvier 1986: Jerusalem: 1 policier tué et 2 civils blessés lors d’une attaque.

14 février 1986: Jerusalem: une bombe explose et fait 6 blessés.

19 mars 1986 : Jerusaleme: 1 tué et 3 blessés par une voiture piégée.

8 avril 1986: Jerusalem: une bombe au passage d’un bus blesse 9 passagers;

8 avril 1986: Afula: 1 soldat blessé.

27 avril 1986: Jerusalem: 1 citoyen britannique tué par arme à feu.

25 mai 1986: Jerusalem: trois bombes explosent et font un blessé.

5 juin 1986: Jerusalem: attentat dans un supermarché: 2 blessés.

30 juin 1986 6 injured in attacks on two buses (5 on one, 1 on another) in Jerusalem

10 juillet 1986: 2 soldats tués, 9 blessés lors d’une tentative d’accostage de 4 terroristes.

20 juillet 1986: Tel Aviv: 1 enfant blessé par une explosion.

22 août 1986: Jerusalem: 2 soldats poignardés.

15 octobre 1986: Jerusalem: attentat à la grenade contre le Kotel: 1 américain tué.

14 novembre 1986: Jerusalem: 1 étudiant tué.

1987

19 janvier 1987: Jerusalem: 2 adolescents blessés poignardés.

22 février 1987: Jerusalem: attaque à la grenade: 17 blessés (dont 12 soldats).

19 avril 1987: frontière jordanienne: infiltration de 3 terroristes, 2 soldats blessés.

19 mai 1987: Tel Aviv: 1 soldat poignardé.

28 juin 1987: Haifa: un enfant et un adulte blessés par l’explosion d’une bombe à proximité de la plage.

3 juillet 1987: Jerusalem: 2 blessés dans une tentative dans un bus.

27 août 1987: Tel Aviv: un bus militaire est cible de tirs: 5 blessés.

22 septembre 1987 2 soldiers killed in stabbing attack in Tel Aviv

10 octobre 1987: Jerusalem: une victime suite à une fusillade.

11 novembre 1987: Tel Aviv: attentat contre un poste de police: 1 blessé.

25 novembre 1987: frontière libanais: attaque terroriste coûtant la vie à 6 soldats, blessant 1 civil et 7 autres soldats.

27 novembre 1987: Jerusalem: 2 agents de sécurité tués par balle.

30 decembre 1987: Or Yehuda: colis piégé blessant 2 civils (dix autres colis découverts et désamorcés).

1988

21 janvier 1988: frontière libanaise: infiltration de trois terroristes: 1 soldat blessé dans leur arrestation.

4 février 1988: frontière libanaise: nouvelle tentative d’infiltration: 2 tués et un blessé.

7 mars 1988: frontière Egypte: prise d’otage d’un bus: 3 civils tués.

2 juin 1988: Jerusalem: 1 adolescent tué par balle dans un parc.

20 août 1988: Haifa: 25 blessés lors d’une attaque à la grenade contre un centre commercial.

2 octobre 1988: Jerusalem: 3 enfants grièvement blessés par un explosif dissimulé dans un pain.

1989

17 mars 1989: frontière jordanienne: infiltration de fedayin: 1 tué et 1 soldat blessé.

25 mars 1989: Tel Aviv: 1 victime civile poignardée en pleine rue.

3 mai 1989: Jerusalem: 2 civils poignardés et 3 blessés lors d’une attaque dans une rue commerçante.

28 juin 1989: Tel Aviv: explosion d’une bombe: 4 blessés.

6 juillet 1989: Judée: un terroriste prend un bus en otage et force le conducteur à aller dans un ravin: 16 tués, 27 blessés.

19 septembre 1989: Bethlehem: 3 touristes allemands blessés par caillassage de leur bus.

21 septembre 1989: Bethlehem: 2 autres touristes allemands blessés par jets de pierre lors de leur visite de Bethlehem.

1990

20 mai 1990: Jerusalem: 1 civil poignardé.

3 octobre 1990: Jerusalem: une bome explose faisant 1 victime et 2 blessé.

8 octobre 1990: Jerusalem: un policier blessé en découvrant une bombe.

21 octobre 1990: Jerusalem: 3 victimes poignardés.

25 novembre 1990: frontière egyptienne: infiltration de terroristes coûtant la vie à 4 civils et blessant 26 autres.

2 decembre 1990: Tel Aviv: attaque contre un bus: 1 passager tué et 3 blessés.

1991

8 janvier 1991: frontière jordanienne: un car est visé par des grenades: 4 blessés.

10 mars 1991: Jerusalem: 4 victimes poignardées à un arrêt de bus.

21 mars 1991: frontière jordanienne: 3 soldats blessés par une attaque de terroristes infiltrés qui se replient.

30 avril 1991: Bethlehem: 1 français poignardé.

15 juin 1991: Jerusalem: 1 italien poignardé blessé.

2 octobre 1991: Jerusalem: 1 victime et 1 allemand blessé lors d’une attaque en pleine rue.

11 octobre 1991: Tel Aviv: un terroriste fonce en voiture sur une foule provoquant 2 victimes et 11 blessés.

1992

17 mars 1992: Tel Aviv: attaque contre des civils: 2 tués et 19 blessés.

2 mai 1992: Eilat: 1 civil tué.

22 mai 1992: Jerusalem: 1 étudiant poignardé.

24 mai 1992: Tel Aviv: un adolescent poignardé devant chez lui.

30 mai 1992: Eilat: 1 garde frontière tué.

22 septembre 1992: Jerusalem: un policier tué par balle.

30 novembre 1992: Jerusalem: un blessé lors d’une attaque.

1993

15 janvier 1993: Tel Aviv: 4 blessé par arme blanche à un arrêt de bus.

1 mars 1993: Tel Aviv: 2 civils poignardés, 7 blessés.

3 mars 1993: Jerusalem: 1 policier poignardé.

29 mars 1993: Tel Aviv: 2 officers de police tués.

6 juillet 1993: Jerusalem: un blessé poignardé en plein jour.

5 août 1993: Jerusalem: 1 soldat kidnappé et poignardé.

24 septembre 1993: Basra: 1 victime poignardée.

9 octobre 1993: Wadi Kelt: 2 victimes tuées.

24 octobre 1993: Gush Katif: 2 soldats tués.

29 octobre 1993: près de Ramallah: 1 civil kidnappé et assassiné.

17 novembre 1993: Nahal Oz: 1 soldat poignardé;

1 decembre 1993: près de Ramallah: 2 civils fusillés.

5 decembre 1993: Holon: une attaque contre un bus coûte la vie à 1 personne (2 blessés).

6 decembre 1993: Hebron: 2 victimes tuées par arme à feu.

23 decembre 1993: Ashdod: 1 victime poignardée.

25 decembre 1993: Eilat: attentat sur le port: 11 blessés.

29 decembre 1993: Adarim: 1 civil poignardé (et décèdera 1 mois après de ses blessures).

31 decembre 1993: Ramle: terroristes prennent d’assaut un appartement et tuent ses 2 habitants.

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4 réflexions sur “Le terrorisme anti-israélien: persistance et continuités (2)

  1. Il se trouve que cet article fait écho à un de mes commentaires, même si le propos peut évidemment être entendu plus largement.

    Je regrette que vous n’ayez pas cherché à entendre d’autres modalités de cette demande d’exemplarité, problématique, certes, et ambivalente, dangereuse autant pour celui qui la formule que pour celui qui la retient et à qui elle est destinée.
    Pourquoi ne pas voir qu’elle peut être une chance, et transformer cette demande d’exemplarité en nouvel acte d’accusation (car ceux qui demandent cette exemplarité ne sont pas ceux qui posent des bombes, ni leur soutien).
    Pourquoi ne pas voir que ceux qui parlent d’exemplarité juive reconnaissent par là-même une autorité morale, voire une autorité tout court ? Pourquoi ne pas voir qu’il y a chez ceux qui sont inquiets et critiques vis-à-vis d’Israël non pas forcément une malignité foncière, mais une demande d’un humanisme juif sur lequel ils se sont peut-être constitués, et comme individu, et parfois comme nation ?

  2. Rendons à César ce qui est à César… Le terme « exemplarité » fait effectivement référence à votre commentaire, mais il ne faut voir dans cette introduction une réponse directe à votre propos.
    Il me semble que le discours antisioniste maintient la judéité dans une constante exclusion en la situant dans deux extrêmes, pour le dire simplement, c’est le Juif dominateur (selon de Gaulle) ou c’est le Juif insignifiant, une alternative qui n’a, à mon sens, d’autre finalité que la mise en ban universelle de toute forme d’expression de la judéité.
    Vous avez raison de dire qu’il n’y a pas une seule expression de l’exemplarité, de même qu’on ne peut réduire un « juif » au seul étudiant en yeshiva ou au seul hayal. Mais à mon tour, je ne peux que vous demander ce que peut signifier, théroqieuement et concrètement, cette autorité morale que vous évoquez, notamment par rapport à la radicalité de la violence exercée contre tout ce qui est Juif. Dites-moi si je me trompe, mais cette idée d’un humanisme juif que vous invoquez provient de la pensée de Lévinas??
    En somme, si ceux qui demandent cette exemplarité ne sont pas ceux qui posent les bombes, je ne crois pas qu’un appel à la modération de votre part à l’égard des poseurs de bombes serait une réponse suffisante (je fais là référence à un des vos commentaires.): cela tendrait à faire de l’exigence d’exemplarité un exemple d’inéquité…

  3. Tout d’abord, une précision : je ne parlais pas des modalités de cette exemplarité, mais de la demande d’exemplarité, et j’ai pris soin de souligner que cette demande n’était pas sans risque (lire mon premier commentaire).

    De même, lorsque vous évoquez un appel à la modération de ma part et que vous me faites l’adresser « aux poseurs de bombes », ce n’est pas honnête.
    Je vous avais écrit, en commentaire à un autre article, que je demandais « aux arabes de ne pas trop exagérer » – ce n’est pas exactement la même chose. Il n’y a pas une égalité entre arabes et poseurs de bombes. Ce type de raccourci m’est odieux, surtout quand il déforme le propos de l’interlocuteur – interlocuteur qui, reconnaissant une différence d’approche des deux parties, ne faisait pas montre d’une perversité particulière (je vous souhaite à l’avenir d’avoir des contradicteurs qui prendront ce genre de « risques » vis-à-vis de leur propre position).

    Pour ce qui est de votre question sur l’autorité juive, je n’évoque pas les travaux de Lévinas plus particulièrement (dont l’influence sur la pensée juive et française n’est pas à démontrer, au grand dam des antisionistes de tout poil, d’ailleurs). Quand j’évoque cette autorité juive, je pense aussi bien à la droiture de mon beau-père qui m’a élevé, et de sa famille, qu’à celle d’un Robert Badinter, d’un Claude Lanzmann, de tel ou tel rabbin (j’ai suivi des conférences radiophoniques du Grand Rabbin Sitruk, ou du Grand Rabbin Haddad à Lyon), que sais-je… Et cette autorité pour moi s’est manifestée très concrètement par le refus de penser certaines choses, d’agir de telle ou telle manière. Elle n’est pas une idée, mais une réalité. Elle fonctionne en inter-dit, entre moi-même et le monde, et je dialogue toujours avec elle.

    Mon parcours m’a également amené à voir comment cela fonctionnait aussi pour d’autres, peut-être de manière moins précise, assumée, formulée. Je pense à mon copain Charef, si profondément arabe et musulman, et qui évoquait avec moi telle institutrice, juive, qui avait su lui faire découvrir le plaisir d’apprendre, et la patience, quand il n’était alors, enfant, que colère.

    En tant que français, je tiens à préserver non pas seulement ce vivre ensemble où l’on se tolèrerait à l’ombre des commissariats, mais cette fierté collective d’une nation semée par une voix qui venait de l’autre rive. Et même par d’autres voix.

    Je crois, et c’est là une profession de foi, que l’exemplarité juive n’est pas désespérée, qu’elle irrigue encore notre pays de mille manières, qu’elle vous fait honneur en même temps qu’elle nous oblige tous, vous compris.

    C’est pourquoi, je ne participe à la délectation devant l’émergence, incontestable, d’une judéophobie de banlieue, et je pense qu’il ne faut pas en rajouter sur le mode « vous voyez bien, l’antisémitisme… » sans prendre un soin particulier à réaliser un travail d’analyse et de séparation.
    Je crois qu’il faut tenir entre vigilance et confiance dans la nature de ces autres qui restent, doivent rester, nos copains, nos collègues, nos compagnons.
    Je crois enfin que nous devons avoir vis-à-vis d’Israël une position française, née de ce que je vous expliquais précédemment. Nos jeunes n’ont pas à faire de pseudo-intifadas, pas plus que je ne crois qu’il faille transformer toute voix juive en opération de Tsahal. Nous devons admettre que les uns et les autres puissions avoir des sensibilités différentes, et croire que celui qui se sent proche des palestiniens peut aussi entendre des raisons juives ou sionistes.

    Pour cela, il faut que ces raisons soient dites avec exemplarité – mesure, discernement, précaution, doute, dialectique, générosité.

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