LE GOLAN : UN ENJEU STRATEGIQUE

Le Golan clé de la paix avec la Syrie ? Simple application de la résolution 242 de 1967 ? Même si le Golan est israélien depuis plus longtemps qu’il n’a été syrien ? Même si les 21 000 israéliens juifs et les 19 000 druzes israéliens partagent les mêmes droits et les mêmes devoirs depuis plus de 40 ans ?

Pour mieux comprendre les enjeux de la question, nous allons nous intéresser à la seule situation géographique du Golan, en abordant plus précisément le cas de deux villes : Qyriat Shmona et Tiberias.

Et plutôt que de faire parler l’histoire, les dates ou les idéologies, lisons ce que disent les monts et les collines ! Du moins virtuellement :

google earth (c)
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En rouge la ligne de statu quo de 49. Il ne s’agit en aucun cas d’une frontière, dans la mesure où elle n’a fait l’objet d’aucune reconnaissance mutuelle des deux partis ! En orange, les lignes d’armistice de 67 avec la zone tampon g »érée » ou « gelée » par l’ONU.

Ce territoire contesté est d’une superfice d’environ 1100 km2, soit environ 60 km du Nord au Sud et entre 25 km (au maximum) et 10 km (au minimum) d’Est en Ouest :

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Rapportée à l’échelle des deux pays en conflit, le Golan représente à peu près 1/20 (5%) du territoire israélien, tandis qu’il équivaut à environ 1/170 soit 0,59% du territoire syrien.

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L’importance géostratégique du Golan provient aussi de l’étroitesse du territoire israélien, large au maximum de 58 km entre Haifa et le nord du Kinneret (lac de Tibériade):

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Qyriat Shmona est située dans la vallé de la Houla en contrebas du Golan et de la frontière libanaise :

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La carte du nord de la vallée permet de se représenter l’enclavement et la vulnérabilité stratégique de la région:

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De 30 km au maximum du Nord au Sud, et de 10 km d’Est en Ouest, l’étroitesse de la vallée est aussi une de ses caractéristiques (en plus de sa diversité naturelle…):

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De façon plus précise, on peut constater la proximité de Qyriat Shmona et de la frontière avec le Liban sous la coupe du Hezbollah :

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Pour se figurer de façon plus « réaliste » la situation géostratégique de la ville de Qyriat Shmona, on peut faire dériver la carte de telle sorte qu’apparaisse le point vue de la ville en direction du Liban :

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Du point de vue libanais, on aperçoit en contrebas la ville de Qyriat Shmona, ainsi que la vallée de la Houla et le Golan en arrière-plan :

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Un autre point de vue stratégique en direction de Qyriat Shmona et de la vallée de la Houla (et même au-delà du Kinneret) depuis le mont Hermon, avec en jaune la frontière entre Israel et le Liban :

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Dans l’axe de la vallée de la Houla et depuis le Liban, on a ce point de vue :

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A l’inverse, un observateur au centre de la vallée les yeux fixés en direction du Nord aurait ce point de vue  frontière libanaise à gauche (Ouest et Nord) et mont Hermon à droite (Nord-Est) :

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Si ce même observateur regarde en direction du Golan, il verra :

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Depuis Qyriat Shmona, le point de vue de l’observateur serait celui-ci :

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Si l’on aborde de façon équivalente la situation du Kinneret par rapport à la ligne de statu quo de 1949 (figurée en rouge), on remarque que le plateau qui surplombe le lac est entièrement situé sur le territoire contesté :

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Cela peut être figuré de cette façon depuis la ville de Tiberias :

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A l’inverse, le Golan domine tout le Kinneret et sa région :

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Pour un point de vue décentré, on peut voir le point de vue jordanien sur le Kinneret et le Golan à la frontière entre la Syrie et la Jordanie

point de vue jordanien sur kineret

En conclusion, la Syrie avait refusé la paix avec Israel tout en occupant le plateau du Golan (d’où partaient des attaques quotidiennes de fedayin et des bombardements contre les habitants israéliens de la Houla et de la Galilée…), il n’y a pas plus de raisons qu’elle concède de mauvaise grâce la paix en échange de ce territoire stratégique. Nous n’avons pas évoqué la question de l’eau ou des populations druzes, mais les cartes montrent bien que la souveraineté israélienne et la sécurité de ses habitants sur des territoires non contestés (la vallée de la Houla) dépendent du Golan.

Une réflexion sur “Le Golan: de l’histoire à la géostratégie

  1. Je suis actuellement entre Kanaf, Tiberias, et Kyriat Shmona, je suis baigné il y a une heure dans la kineret… tout ça pour dire que je pourrais difficilement ne pas me sentir concerner d’ici !
    Merci pour cette très bonne analyse!

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