Le blog « à contre courant » fête son 50ème article en un peu près 2 mois d’existence.

Je tiens tout d’abord à remercier tous ceux qui sont venus, et plus particulièrement, vous remercier pour les chaleureux encouragements qui m’ont été prodigués.

L’entreprise représente un défi personnel. Décidée en dehors de tout engagement professionnel, la création de ce blog personnel répond à une finalité, celle de partager les recherches que j’ai effectuées depuis quelques années déjà dans le domaine des médias ou de l’antisémitisme.


Et avec les années, et les rencontres que j’ai pu faire ici ou là, j’ai pu remarquer que ceux qui luttaient officiellement contre la haine antijuive semblaient être pris au piège de leur ennemi, donnant l’impression de ne pas toujours trouver les moyens de réagir ni les mots pour sortir de l’enfermement dans lequel les promoteurs de haine voulaient les conduire (vous savez, l’accusation de réutiliser la shoah à des fins politiques, l’accusation d’agiter le fanion de l’antisémitisme pour soit-disant faire taire toute critique, etc etc…)

Bien sûr, je n’ai pas l’arrogance de prétendre donner des leçons à quiconque ou de croire être en mesure d’abattre l’hydre sans cesse renaissante de la judéophobie. Du moins les réflexions et recherches que j’ai menées m’ont convaincu de la nécessité de participer à la lutte contre la forme la plus insidieuse de la judéophobie, celle contre laquelle il est le plus difficile de lutter : la judéophobie par ignorance.

Jonathan Simon Sellem publiait sur son blog d’information, il y a quelques jours, un article où on apprenait qu’une des spécificités françaises en matière de recherche Google était d’associer le terme « juif » au nom de personalités publiques. Information sidérante qui montre combien le retard a été pris et à quel point cette pathologie représente un véritable danger. Information significative de l’ambiance délétère qui règne en France, pays du grand aveuglement, souvenez-vous, où la radioactivité en 1986 eut la bonté de s’arrêter à nos frontières, et où vous revendiquer du sionisme comme droit des juifs à l’autodétermination (comme les arabes palestiniens, mais bon, passons…) vous conduit quasi immédiatement à l’agression verbale ou physique…

La systématisation de cette recherche par internet de la marque de la judéité dans le comportement libre d’individus libres nous laisse clairement voir qu’il ne s’agirait pas d’une simple curiosité. Volonté de stigmatisation ? Ancrage d’une vision du monde marquée par la croyance fantasmagorique de l’existence d’un réseau juif uni, organisé et universel ? Méfiance à l’égard de l’élément juif ? Hostilité envers une représentation de facteur juif fondée sur des a priori pseudo-explicatifs vindicatifs ?

Fondamentalement, il n’est pas dans mon intention de me focaliser sur la judéophobie comme seule mode d’être du judaïsme en France, ni de dire comme Sartre, que l’antisémite crée le juif. On peut simplement constater que l’accentuation d’un climat antisémite, comme en Russie à la fin du 19e ou en Allemagne à partir des années 30, est un indice de l’état d’une société, notamment de la perte de valeurs fondamentales comme la liberté ou le respect de la différence. Ce n’est pas pour rien que les sociétés oppressives commencent d’abord à s’en prendre à ses minorités, et plus précisément aux juifs en tant qu’ils incarnent une altérité que les totalitarismes et dictatures diverses veulent à tout prix anéantir.

Mais aujourd’hui, la différence essentielle réside dans l’existence d’un Etat israélien. Cela change radicalement la donne. Les juifs peuvent être défendus, peuvent trouver refuge, et tous ceux qui se proclament antisionistes sont bien porteurs de ce symptôme qui dénie aux juifs le droit inaliénable à un mode d’être politique ou culturel libre.

Si dans ces articles l’accent a été mis sur la « nouvelle judéophobie », selon l’expression de Taguieff, c’est précisément parce que personnellement, je n’aurais moi-même jamais soupçonné le degré de violence que la haine de la judéité peut prendre aujourd’hui. Et l’ignorance laisse le champ libre à toutes les manipulations ou toutes les propagandes. Combien sont les Arabes de Palestine ou de Jordanie, qui, lors des programmes de coopération israéliens MASHAV, déclarent : « Nous ne savions pas que les Juifs étaient comme nous! »…

Violence dans les actes et violence dans les discours. La criminalisation du mode d’être juif est le leitmotiv de toutes les formes de haine contre les Juifs dans l’histoire, et plus insidieusement, de nos jours, la criminalisation forcenée du mode d’être politique incarné par Israel.

Toutefois, à trop rappeler la radicalité de la judéophobie, qu’internet diffuse sans limite, on oublierait aussi la réalité positive d’un pays, Israel, et d’un engagement, le sionisme.

Si le sionisme incarne aux yeux de biens des gens une chose honnie ou inqualifiable, c’est précisément qu’ils en ignorent la réalité et ne sont nourris que des fantasmes haineux dont le ridicule serait insignifiant s’il nourrissait des projets génocidaires. La caution que procurent les mouvements pacifistes occidentaux ou israéliens aux agents de la haine du camp adverse est pour le moins inquiétante par leur cécité. Et c’est ainsi qu’ils deviennent les complices d’une fascisation de la société palestinienne dont les premières cibles sont ceux qu’ils devraient défendre…à condition que leur soutien aux « Palestiniens » n’était pas principalement motivé par l’hostilité viscérale envers Israel comme automonie juive.

Le blog « à contre courant » soutient la critique du sionisme et des politiques israéliennes, mais démontre à de nombreuses reprises, et continuera à le faire, que l’antisionisme n’est qu’une forme de judéophobie maquillée sous les oripeaux de l’idéologiquement correct. Etre antisioniste, c’est fondamentalement refuser le droit à un peuple de vivre tel qu’il l’entend. C’est pour cette raison que la critique dite antisioniste se perd rapidement dans les marais nauséabonds du « complot juif », du « lobby américano-sioniste » ou de l’accusation de fascisme contre Israel : outrance verbale qui n’a pour finalité que de compenser son déficit en réalité.

C’est sans doute aussi ce qui explique l’alliance contre-nature, en apparence, entre les extrêmes gauche et droite contre l’élément juif : alliance qui s’apparente à une proximité de fond, celle qui consiste à adopter une représentation de la société fondée sur le clivage et l’exclusion. Pour les uns ce sera le juif universel, capitaliste, apatride, pour d’autres le juif particulariste, nationaliste, israélien.

Il ne s’agit pas de remplacer la volonté d’information par une autre stigmatisation. Il me semble important, et même décisif, aujourd’hui de ne pas tomber dans le piège de la haine antijuive qui cherche à conditionner et commander tout ce qui assure la visibilité de l’identité juive. Nous aurons l’occasion plus tard dans les articles de ce blog d’aborder la réalité d’un pays, Israel, dans ce même constant souci d’objectivité et de refus catégorique des apriorismes. D’autant plus que la menace que représentent ces mouvements ne concernent au fond pas seulement les Juifs, mais tous ceux qui sont attachés à des valeurs d’ouverture, de dialogue, d’équité, de liberté et de justice.

Il s’agit de répondre au défi de la multiplication des sources d’information par une exigence critique, certes modeste dans le cadre d’un blog. Il n’est aujourd’hui plus question de mettre Israéliens et Palestiniens dos à dos, comme en 1993, en affirmant que chacun avait 50% de responsabilités, donc 50% du chemin à parcourir dans la voie de la paix. Il faut informer de la réalité d’un des camps qui enseigne la haine et la destruction de l’autre : les manuels scolaires destinés aux enfants palestiniens et financés par les pays occidentaux révèlent malheureusement bien que la paix ne surviendra pas, a fortiori si un Etat palestinien voit le jour dans le contexte d’une société arabe divisée en factions et mafias. L’Etat palestinien ne sera vu que comme un sanctuaire destiné à l’ultime phase de la conquête et de l’anéantissement de la souveraineté juive. Et les 300 millions de dollars déboursés par les américains en temps de crise pour constituer une armée palestinienne destinée à éliminer les Juifs confirme bien qu’à plus forte raison, il importe de ne céder ni dans le champ diplomatique, ni dans le champ médiatique.

Que les modestes contributions proposées dans ce blog puissent servir à ouvrir les yeux de citoyens, qui, comme moi, étaient ignorants de la réalité du terrain, et qu’elle puisse aussi être un des moyens permettant lutter avec les mots et les arguments contre le fléau de la haine et de la xénophobie, serait pour l’auteur de ce blog une récompense, et rappelerait qu’il n’est peut-être pas encore trop tard pour agir.

Je vous invite pour finir à participer au sondage et à formuler tout avis critique

concernant le blog, sa présentation, les thèmes que vous aimeriez voir traités,…

Merci

2 réflexions sur “Un blog ? et pourquoi pas…

  1. Félicitations pour ton travail fouillé et précis, Sacha !
    Je souhaite une longue vie à ton blog trés abouti .

    La définition de ce nouveau « Mal »🙂 qu’est
    la judéophobie par ignorance est parfaite .

    La peur de  » l’autre » , de l’inconnu ou de celui qui se cache , n’est pas plutot une peur de soi et de son inculture dans un monde en mouvement qui nourrit et anime celui qui veut ton anéantissement .

    Un excellent article écrit par J.Corcos rejoint celui de JS.S sur ce sujet .
    A lire .

    http://www.rencontrejfm.blogspot.com/

    31 mai 2009
    15 à 20 % des visiteurs de mon blog sont des antisémites !

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