Theodor Herzl et l’émancipation de l’Afrique…

A l’heure des élections européennes, marquées notamment par la présence d’une liste ouvertement judéophobe,  j’aimerais citer celui qui est considéré comme le père du sionisme, ou pour être plus précis, du sionisme pragmatique, Theodor Herzl. Les détracteurs de l’existence d’Israel veulent forger de toute pièce l’image d’un sionisme assimilé au colonialisme. Voilà la réponse, avant  l’heure, de Herzl, il y a plus d’un siècle.

« Parmi le désespoir des peuples, qui, jusqu’à présent, est resté insoluble, et dont la tragédie ne peut être comprise pleinement  que par un Juif, il y a une autre question d’égale importance, celle de l’Afrique.

« Il suffit de se souvenir de tous ces épisodes terribles, l’esclavage d’êtres humains, qui, par le seul fait d’être noirs, étaient fait prisonniers, capturés, vendus comme du bétail. Leurs enfants ont grandi dans des pays qui leur étaient étrangers, ils étaient dénigrés, en butte à l’hostilité parce que leur couleur de peau était différente.

« Et bien que certains trouveront à y redire, j’affirme que lorsque j’aurai été témoin de la rédemption du peuple juif, de mon peuple, je ne pourrais alors que souhaiter  la rédemption des peuples d’Afrique. »

Shmuel Trigano: « La reconnaissance des victimes de la Shoah dans les Juifs justifie la condamnation des Juifs comme sujet souverain de l’histoire. »

Cet article reprend un extrait d’un article de Shmuel Trigano. Il m’a paru essentiel sur deux points:

  1. Il formule de façon limpide les enjeux de la relation entre reconnaissance de la Shoah et identité juive moderne : sous la forme d’une équation dangereuse : statut ontologique victimaire contre effacement de l’histoire (constatez par vous-mêmes, la plupart des antisionistes seront les plus zélés à dire qu’il ne faut pas nier la shoah…pour mieux mettre en équivalence la réelle souffrance juive, tsigane,… durant l’holocauste et la propagande palestinienne).
  2. Il montre clairement les impasses du devoir de mémoire et le leurre que peut constituer l’institutionalisation de l’Holocauste (comme l’enseignement de la Shoah prôné par le faux ami d’Israel le président Sarkozy), pour finalement aboutir à une négation de la judéité comme peuple vivant.

Un article de grande qualité à méditer !

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Réfugiés arabes, réfugiés juifs (2)

Réfugiés arabes, réfugiés juifs. (suite)

Y a-t-il un droit des « réfugiés » palestiniens ?

Les Palestiniens considèrent que tout accord de paix définitif avec Israel doit inclure le « droit » des réfugiés, et de leurs descendants, à revenir un Israel. Revendication infondée qui tente d’accréditer l’idée d’une expulsion et d’une exclusive légitimité arabe.

Lors des négociations de Taba en 2001, Abu Mazen fit preuve d’une grande magnanimité : il proposa un retour graduel des réfugiés, jusqu’à ce que les Juifs deviennent minoritaires dans leur propre pays.

Ainsi, ce qui ferait force de loi, ce serait l’éradication du caractère juif de l’Etat d’Israel, et non le droit des « réfugiés ».

Comment en est-on arrivé à cette revendication insloente et cynique, qui passe pour bien des gens comme une décision juste et nécessaire ?

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Document: La Ligue Arabe et l’établissement d’un statut de dhimmi pour les Juifs en Palestine mandataire

Document législatif préparatoire du Comité Politique de la Ligue Arabe concernant le règlement du statut des Juifs dans la perspective de l’annexion par les troupes arabes. Mai 1948.

Que révèle ce document rédigé en prévision de la conquête militaire de la Palestine mandataire à compter du 15 mai 1948 ?

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L’éthique: clé de voûte de la démocratie israélienne illustrée par Tsahal.

Le code éthique Tsahal

Dans une région où les dictatures militaires, les polices politiques ou la pratique de la torture contre les opposants sont la norme, où le terrorisme, les assassinats, l’emprisonnement arbitraire, et la propagande magnifiant les leaders se côtoient sans honte , le code éthique de Tsahal représente la garantie, non seulement de la survie d’Israel, mais aussi de la réalité démocratique israélienne.

Chez les détracteurs de l’Etat d’Israel, les critères appliqués pour juger Tsahal ne sont jamais les mêmes que ceux appliqués aux régimes voisins ou aux mouvements extrémistes comme le Hezbollah ou le Hamas. On entend quasi exclusivement parler de l’omniprésence de Tsahal, et les accusations de crimes de guerre sont aussi nombreuses qu’infondées. Pourtant, les armées egyptiennes ou le hamas sont-elles soumises à des enquêtes publiques et présentent-elles leurs excuses lorsque des victimes non voulues ont été touchées ? Et il n’est jamais question de l’insurrection armée arabe en Palestine qui choisit délibérement de se servir des civils comme bouclier humain ?

L’expérience historique montre que les pays qui n’obéissent pas à des règles éthiques strictes (pouvoir judiciaire indépendant, hiérarchie militaire dépendant d’un gouvernement élu, élections libres,…) deviennent des dictatures. Là où l’armée n’est pas soumise au pouvoir civile, là où les soldats n’ont pas l’obligation de désobéir à des ordres injustes, là où le pouvoir est confisqué par des cliques militaires, les coups d’Etat se succèdent, les élimitations d’oposant et la terrorisation de la population civile deviennent la norme commune. Si Israel n’est pas devenue une dictature, à l’instar de ses voisins, c’est en raison du principe de responsabilité que chaque soldat ou officier doit assumer.

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Antisémitisme ou antisionisme ? (1)

Les antisionistes qualifient habituellement le vocable antisémitisme de manipulation. La différence, prétendûment fondamentale, serait que l’un s’adresse aux juifs, l’autre aux sionistes. Certes, on peut très bien être juif sans être sioniste, de la même façon que l’on peut être musulman sans être démocrate. Le problème étant que pour être sioniste ou faire son aliyah (et ainsi entrer dans la catégorie infamante et imaginaire de colons) il faut bien être juif et que l’État d’Israël est un État juif, comme un État palestinien serait musulman. Donc l’antisionisme s’en prendrait aux juifs en tant que sionistes et non aux sionistes en tant que juifs. Un tel raisonnement me rend sceptique à plus d’un titre. Lire la Suite

Pratique de l’histoire et dévoiements négationnistes

Créé en 1996 par Gilles Karmasyn, le site pratique de l\’histoire et dévoiements négationnistes s’est donné pour tâche de répondre avec les armes de l’analyse critique historienne, de répondre aux négationnistes (antijuifs ou antiarméniens) sur leur terrain. Ces derniers prétendent en effet que la shoah est une affaire d’historiens, devant être débattue par des historiens. Comme vous pourrez le lire dans les articles de ce site, ils pratiquent tout le contraire de l’histoire, mais une véritable arnaque nauséabonde.

La réponse de l'histoire au négationnisme. source: phdn.org/ -- spinga (c)
La réponse de l'histoire au négationnisme. source: phdn.org/ -- spinga (c)

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Le Bouclier Humain, ou les errements de la pratique journalistique

Les arabes et les médias occidentaux accusent les israéliens de viser délibérement les civils. Mais pour cela, il faut des images, il faut de quoi alimenter la polémique. L’accusation à charge doit pouvoir sembler crédible.  De façon cynique certes, on peut se demander, face à de telles accusations, pourquoi le conflit ne fait pas plus de victimes, comparé notamment au darfour ou aux autres conflits armés dans le monde.

Les israéliens, de leur côté, qualifient cette pratique de propagande, et parlent d’usage des civils comme bouclier humain.

Chacun est libre de son jugement:

Combattant du Hamas couvert par des civils (source: take-a-pen.org)
Combattant du Hamas couvert par des civils (source: take-a-pen.org)
Enfants obligés de servir de bouclier humain. Palestine. (source: take-a-pen.org)
Enfants obligés de servir de bouclier humain. Palestine. (source: take-a-pen.org)

En quoi consiste la responsabilité des médias ? Parler de médias libres est illusoire: tout média (presse, télévision, radio,…) ne peut prétendre à l’exclusivité de la vérité, pour deux raisons. Qui finance ce média? Le propriétaire peut intervenir dans la ligne éditoriale ou dans le recrutement des journalistes. Quelle est le contenu de la ligne éditoriale? Tout média part d’un certain nombre de présupposés et de prises de position politiques. Sans parler des pressions politiques, judiciaires, policières que peuvent subir des journalistes, et pas nécessairement dans les dictatures… De plus, comment les médias présentent-ils les faits? Avec quelles images? La responsabilité d’un média n’est donc pas de fournir la seule information vraie. En amont et en aval, le fait subit un certain nombre de distorsions et de reconstructions qui, finalement, font de l’information un donné politique. C’est à ce niveau qu’intervient l’idée de déontologie.

La déontologie, c’est la pratique du journalisme selon plusieurs critères.

  1. L’usage de sources fiables (dans un domaine donné), contradictoires (pour ne pas se contenter d’une éventuelle tentative d’influer l’information par le recours à une seule source), plurielles (si possible, multiplier les témoins et les preuves (images, lettres, photos, échanges téléphoniques,…).
  2. L’analyse critique des sources: en se demandant pour quelles raisons un témoin présente telle version des faits, ce qui est contradictoire, ce qui est cohérent, ce qui est trop cohérent, quels sont les rôles qu’il attribue à chacun des éléments qu’il insère dans son témoignage, à quelles informations il a accès pour formuler telle ou telle hypothèse.
  3. La mise en perspective: en changeant d’échelle, en faisant intervenir des situations parallèles ou similaires, en recherchant des éléments biographiques sur les intervenants, en se demandant qui a intérêt à la diffusion de telle info, et qui n’a aucun intérêt.
  4. La mise en forme. Cette question est controversée. C’est à ce niveau que la déontologie du journaliste est mise à l’épreuve. Face à des pressions extérieures, va-t-il céder et renoncer? Face au rédacteur en chef, va-t-il diffuser des informations contraires à la ligne éditoriale, même si ces infos sont le résultat d’une enquête de fond? Face à l’opinion publique et à l’effet de mode, le journaliste, va-t-il lui apporter sa caution, ou au contraire, va-t-il tenir tête?

La pratique journalistique est donc largement perméable aux interférences politiques ou idéologiques. Il ne s’agit pas de jeter la pierre aux journalistes du monde, ce sont des passionnés qui doivent bien souvent également subvenir aux besoins de leur famille. Les conditions d’exercice de la profession n’encouragent d’ailleurs généralement pas un travail de fond: impératif du temps et du scoop, demandes des rédacteurs en chef, non-protection des autorités policières dans le cas d’analyses à risques, pressions diverses. De nombreux journalistes ou citoyens paient de leur liberté ou de leur vie (Chine, Inde, Amérique latine,…) la volonté de tenir informé.

La différence fondamentale réside dans l’engagement de chacun des journalistes: ainsi, un journaliste qui révèle après enquête les liens entre politiciens et cartels de la drogue ne prend pas le même risque qu’un présentateur du JT qui évoque sans vérifier les sources le nombre de blessés fournis par le Hamas pendant l’opération Oferet Yetsukah.

Le journalisme est donc une corde étroite reliant l’éthique et l’allégeance. Conçue à partir du 18e comme instrument de formation de l’opinion publique et de la société civile face à l’oppression du pouvoir, la presse, et maintenant les médias, sont aussi devenus de moyens de propagande et de manipulation de l’opinion.

Terroriste ou activiste ?

Les médias sont gourmands d’euphémismes en tous genres. L’intention de ne blesser personne est louable: le « troisième âge », une « personne âgée », ces mots semblent plus respectueux que « vieillards »… Encore faudrait-il se demander si ces personnes âgées sont également respectées concrètement dans les maisons de retraite ou dans le cas d’acharnement médical. Mais c’est un autre débat.

Les médias préfèrent toujours leur arrogance à la déontologie. Ils se présentent dans l’exericie du juste milieu, et se prétendent impartiaux et objectifs.

En ce qui concerne le conflit israélo-arabe, il est évident q’un un journaliste ne serait pas très crédible, du moins pour être plus clair, il ne serait tout simplement pas un journaliste, s’il qualifiait un combattant du Hamas de shahid, de martyr, comme le répêtent à longueur de journée les médias palestiniens (alHayyat alJadida, alAqsa-TV,…).

Mais dans tous les cas, il s’agit de dédouanner les palestiniens de toute intention belliqueuse, bref il s’agit de faire passer Israel pour l’origine et la cause unique du conflit. Dans ce petit jeu de langage, l’Agence France Presse est notamment passée maître dans l’art de la glissade contrôlée. Avec un but en tête, ne jamais qualifier ce membre du Hamas, comme le font les israéliens, à savoir comme ce qu’il est, un terroriste (qui vise à terroriser une population civile et ne vise qu’une population civile).

"Activistes" palestiniens... Ein elHilweh (source: alAkhbar)
"Activistes" palestiniens... Ein elHilweh (source: alAkhbar)

Nos « journalistes » ont alors déniché la perle rare, le mot-valise qui veut tout dire et rien dire: l’activiste. Quitte à brouiller la différence fondamentale entre un militant politique et un milicien. Le terme d’activiste permet d’accréditer l’idée qu’Israel ne se battrait pas contre des combattants armés, mais contre des militants politiques, ou même, contre des militants des droits de l’homme.

Cela s’appelle une stratégie concertée de démonisation idéologique.

Exercice pratique:

  • « Un activiste palestinien a mené une lutte de résistance contre l’occupation sioniste en faisant une incursion dans le village de Bat Ayin. »
  • « Le 2 avril, un arabe palestinien est entré dans le village de Bat Ayin. Il a assassiné à la hâche Moshé Native, 16 ans, qui jouait avec son frère de 7 ans. »

Quelle est la version qui semble la plus crédible et la plus impartiale ?

Ne s’agit’il pas d’un acte de « terrorisme », visant le meurtre sauvage d’enfants innocents ?