Netanyahu, l’histoire et le Mufti, ou comment clôre un débat sur le criminel mufti

Himmler et al Husseini

Les récentes déclarations du premier ministre israélien Benyamin Netanyahu ont eu le mérite de montrer qu’il importait plus, aux yeux d’une certaine intelligentsia, de laver le mouvement nationaliste-religieux palestinien de tout soupçon pro-nazi, plutôt que de faire preuve, avec constance et déontologie de rigueur en matière historique.

L’hystérie médiatique suite aux propos de Benyamin Netanyahu aurait dû en réalité porter sur l’islamisation du Tombeau de Rachel en mosquée « Bilal ibn Rabah », premier muezzin et enterré à… Damas.

Qui plus est, Abu Mazen, négationniste notoire qui n’a jamais renié les « thèses » abjectes, conspirationnistes et délirantes de son « doctorat » est reçu à Paris comme « président de la Palestine » alors qu’il siège, non-élu, par simple complaisance occidentale pour maintenir la fiction du partenaire pour la paix. Mais passons. Il faudrait des dizaines de pages pour rappeler toutes les contre-vérités diffusées par les médias sous couvert d’histoire.

Revenons aux propos de Benyamin Netanyahu. Il souhaite rappeler que le mufti de Jerusalem a eu un rôle instrumental dans le passage à la solution finale. Selon lui, Hitler voulait expulser les Juifs, le Mufti lui a fait changer d’avis en choisissant la crémation. Netanyahu n’est pas historien. Pas plus qu’Obama lorsque ce dernier parlait de la contribution musulmane « historique » à l’histoire américaine. S’agit-il d’un révisionnisme pratiqué par le premier ministre d’Israel à des fins politiques ? Ou, au contraire, doit-on y voir une certaine audace à rappeler l’origine de la violence meurtrière qui frappe Israel ?

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Les Palestiniens face à leur histoire: la responsabilité du Haut Comité Arabe dans l’exode des Arabes de Haifa

Les Palestiniens face à leur histoire: la responsabilité du Haut Comité Arabe dans l’exode des Arabes de Haifa

Article paru en 2011 pour aschkel.info.

A l’heure où le boycott fanatique et moralement cynique envers les Juifs est à l’ordre du jour, en raison d’une supposée faute morale (la privation du droit légitime à un Etat sur leur terre ancestrale dont « ils » ont été chassés), il est plus que nécessaire de rappeler les responsabilités réelles dans le déplacement des populations arabes entre 1947-49 qui incombent de façon dramatique et pour une large part aux seules autorités politiques arabes, persuadés du dénouement sanglant et du règlement définitif du jeune Etat juif. Lâcheté des élites aisées, abandon de leur concitoyens par manque évident de cohésion en raison des clivages de la société arabe d’immigration récente, calcul politique des dirigeants du Haut comité arabe en espérant gagner un soutien massif en sa faveur par l’afflux de déplacés aux frontières des Etats voisins, refus idéologique enfin de voir une coexistence pacifique judéo-arabe et catégorique refus religieux de voir réfutée dans les faits la dhimmitude sanctionnée par la foi.

Les causes sont multiples, et on pourrait ajouter la surprise de voir les pionniers juifs associés aux survivants de la Shoah se battre pour leur survie, là où l’imaginaire collectif musulman ne pouvait concevoir les Juifs que sous les traits d’un peuple vaincu et éploré par son sort. Cet article entend rappeler, en convoquant le déroulement des faits, et en particulier les journées décisives des 21 et 22 avril 1948, où fut décidé par les autorités arabes le départ sous la surveillance britannique de l’essentiel de la population arabe restante de Haïfa. Nous avons également constaté que des sites pro-palestiniens utilisent des photos, notamment celle du port de Haïfa, pour « prouver » l’expulsion manu militari…quand le soldat en faction est britannique. Les légendes sont quasi systématiquement tronquées ou truquées, dans le seul but d’alimenter une idéologie de haine, qui doit être dévoilée dans sa crudité et son obscénité au regard du sort de tant de victimes réelles dans le monde.

Petit rappel des faits:

  1. La population arabe de Haifa est passée d’environ 60 000 habitants en 1947 à environ 3 000 en 1948.
  2. Plus de la moitié ont quitté la ville à partir de novembre 1947, soit environ six mois avant la prise de contrôle de la ville par la Haganah.
  3. Les représentants locaux du Haut Comité Arabe ont exigé l’organisation par les Britanniques du départ volontaire de la population arabe restante (environ 20 000 habitants) les 21-22 avril 1948 sur instruction explicite du Comité Arabe établi au Caire.
  4. Les autorités juives ont appelé sans relâche la population arabe à rester car la coexistence impliquait la reconnaissance et la légitimité du projet sioniste.
  5. Les autorités arabes sont responsables de l’exode des Arabes déplacés originaires de Haifa, ce qui discrédite l’accusation de nettoyage ethnique.

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Les Arabes de Palestine sous la bannière nazie. 1933-1946

Les arabes de Palestine sous la bannière nazie.

La collaboration entre nazis et nationalistes palestiniens

1933-1946

Une enquête de Sacha Bergheim

Contrat Creative Commons
Les arabes de Palestine sous la bannière nazie by Sacha Bergheim est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 Unported.

« La condition précise de notre collaboration avec l’Allemagne était l’entière liberté pour éliminer les Juifs, jusqu’au dernier, de la Palestine et du monde arabe. J’ai demandé à Hitler son accord explicite pour nous autoriser à résoudre le problème juif d’une façon bénéfique à nos aspirations raciales et nationales et conforme aux méthodes scientifiques que l’Allemagne a inventées pour s’occuper de ses Juifs. La réponse que je reçus fut : les Juifs sont à vous. »

Amin al Husseini, Mémoires. Rencontre avec Hitler du 28 novembre 1941.

« Nous admirions les Nazis. Nous étions immergés dans la littérature et les livres nazis. Nous fûmes les premiers à envisager de traduire Mein Kampf [en arabe]. Quiconque a vécu à Damas à cette époque était témoin de l’engouement arabe pour le nazisme. »

Sami al Jundi, fondateur du Parti Ba’ath syrien.

Une réalité historique négligée par la critique

Évoquer la participation arabo-musulmane au national-socialisme, ainsi que la permanence entre « résistance antisioniste » et mouvements nazis et néonazis, c’est mettre au jour un facteur essentiel, bien que généralement occulté (l’accès à des archives dispersées rend la recherche complexe et fastidieuse), de la perpétuation des conflits du Proche-Orient.

Le lien de parenté idéologique et de continuité logistique entre le national-socialisme et l’islam militant remontre aux années 1930 et se poursuit jusqu’à nos jours. Si le nationalisme arabe ne se réduit pas à sa composante fascisante, cette dernière représentent cependant un élément fondamental pour comprendre la guerre interne à l’islam, qui s’incarne tant dans la guerre de l’islamisme contre l’occident, que dans la diffusion à grande échelle des thèses antisémites dans le sillage des méthodes de propagande nazies.

Quelles ont été les conditions d’introduction, de diffusion et d’amplification des thèses fascistes et nazies dans le monde arabo-musulman ? Par quel biais l’antijudaïsme traditionnel dans l’islam – coextensif de la dhimmitude – a-t-il adopté les théories conspirationnistes de l’antisémitisme européen ?

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Sur le chemin de la liberté – Israel 1947-1949 II.2

Sur le chemin de la liberté

Israel 1947 – 1949

par Sacha Bergheim

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II

La restauration politique.


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II.2 La refondation d’une société juive indépendante et le sens de l’autodéfense

L‘histoire de l’Etat d’Israel ne commence pas le 15 mai 1948.

Dès avril, les institutions démocratiques juives sont en place, en conformité avec les règles internationales, et leur existence se situe dans la continuité des efforts constants entrepris avant même les années 1920 par les autorités juives.

La revendication juive incarnée par le sionisme ne manifeste pas une volonté de rupture avec l’espace oriental. Ben Gourion envisageait lui-même d’étudier le droit ottoman.

Ben Gourion, Yitshaq Ben Tsvi étudiant le droit en Turquie - Photo oct 1912
D. Ben Gourion et Y. Ben Tsvi étudiant en Turquie - Photo oct 1912

Ce même souci de respect de la légalité se retrouve dès lors que les Britanniques prirent le relais politique sur la région.

Si la guerre d’indépendance ne revêt pas la même signification selon que l’on se place du point de vue juif, britannique ou arabe, elle n’en constitue pas moins, dans l’histoire moderne, un exemple original d’auto-défense et d’auto-détermination. Lire la Suite