Netanyahu, l’histoire et le Mufti, ou comment clôre un débat sur le criminel mufti

Himmler et al Husseini

Les récentes déclarations du premier ministre israélien Benyamin Netanyahu ont eu le mérite de montrer qu’il importait plus, aux yeux d’une certaine intelligentsia, de laver le mouvement nationaliste-religieux palestinien de tout soupçon pro-nazi, plutôt que de faire preuve, avec constance et déontologie de rigueur en matière historique.

L’hystérie médiatique suite aux propos de Benyamin Netanyahu aurait dû en réalité porter sur l’islamisation du Tombeau de Rachel en mosquée « Bilal ibn Rabah », premier muezzin et enterré à… Damas.

Qui plus est, Abu Mazen, négationniste notoire qui n’a jamais renié les « thèses » abjectes, conspirationnistes et délirantes de son « doctorat » est reçu à Paris comme « président de la Palestine » alors qu’il siège, non-élu, par simple complaisance occidentale pour maintenir la fiction du partenaire pour la paix. Mais passons. Il faudrait des dizaines de pages pour rappeler toutes les contre-vérités diffusées par les médias sous couvert d’histoire.

Revenons aux propos de Benyamin Netanyahu. Il souhaite rappeler que le mufti de Jerusalem a eu un rôle instrumental dans le passage à la solution finale. Selon lui, Hitler voulait expulser les Juifs, le Mufti lui a fait changer d’avis en choisissant la crémation. Netanyahu n’est pas historien. Pas plus qu’Obama lorsque ce dernier parlait de la contribution musulmane « historique » à l’histoire américaine. S’agit-il d’un révisionnisme pratiqué par le premier ministre d’Israel à des fins politiques ? Ou, au contraire, doit-on y voir une certaine audace à rappeler l’origine de la violence meurtrière qui frappe Israel ?

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La persécutions des Juifs d’Iraq – par Reut R. Cohen

La persécution des Juifs d’Iraq.

Reut R. Cohen.

Article original : The Persecution of Jews in Iraq

Traduit par Sacha Bergheim avec l’aimable autorisation de l’auteur.

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« La déshumanisation de l’identité juive, provenant de tourments et d’humiliations incessants, nous a réduit au plus bas niveau de nos facultés physiques et mentales et nous ont privé de notre pouvoir de guérir. » Max Sawadayee, Juif d’Iraq, dans « All waiting to be Hanged » (Tous dans l’attente d’être pendus)


Mon grand-père paternel se souvenait nettement de son vécu de Juif à Bagdad et du Fahrud de 1941 qui eut lieu durant la fête juive de Shavouot. Il m’a appris que Farhud en arabe signifie littéralement « pogrome » ou « dépossession violente ». Il s’agissait d’un pogrome nazi, coordonné par des leaders génocidaires comme le Mufti Haj Amin al-Husseini et Rashi Ali. Pendant deux jours, la foule arabe s’est déchaînée à Bagdad et dans d’autres villes d’Iraq. Près de 150 Juifs ont été tués et plus de 2 000 blessés ; quelques 900 maisons juives ont été détruites et pillées, et des centaines de magasins tenus par des Juifs ont été volés et détruits.

Reut R. Cohen et son grand père en 1987.


Les plus anciens membres de ma famille se souviennent avoir été témoins de la façon dont les soldats iraqiens ont arraché des enfants à leurs familles, arraché les bras de jeunes filles pour leur voler leurs bracelets ; des femmes enceintes ont été violées et éventrées. Mon grand-père a caché son bébé sous sa chemise lorsque les violences ont commencé et il s’est enfui de sa maison. Mon arrière-grand-père a sauvé toute sa famille durant les émeutes qui avait éclaté à Bagdad en affirmant être un Musulman lorsque les troupes iraqiennes sont entrées dans les maisons dans le but de piller, violer et tuer. Malheureusement, les Britanniques ne sont pas intervenus et ne semblent pas s’être inquiétés de ce qui arrivait à la communauté juive. À la fin, alors qu’être Juif était concrètement synonyme de condamnation, la famille de mon père s’est échappée jusqu’en Israel avec leurs vêtements pour seul bien – ces derniers avaient été confisqués – laissant derrière eux tout ce qu’il connaissait. Ce vécu n’est pas unique et a été partagé par plusieurs milliers de Juifs bagdadi.

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Un blog ? et pourquoi pas…

Le blog « à contre courant » fête son 50ème article en un peu près 2 mois d’existence.

Je tiens tout d’abord à remercier tous ceux qui sont venus, et plus particulièrement, vous remercier pour les chaleureux encouragements qui m’ont été prodigués.

L’entreprise représente un défi personnel. Décidée en dehors de tout engagement professionnel, la création de ce blog personnel répond à une finalité, celle de partager les recherches que j’ai effectuées depuis quelques années déjà dans le domaine des médias ou de l’antisémitisme.

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A l’école de la haine: médias, islam et judéophobie..

Cet article vient en complément de la série portant sur les origines de l’antisionisme., et en particulier la judéophobie musulmane (lire ici)

Apologie du meurtre des Juifs, haine ethnique et religieuse, mensonges, grossières approximations historiques, calomnies, théologisation de l’histoire, négationnisme, appel au meurtre et au génocide, réécriture de l’histoire, contre-vérités et last but not least indistinction entre judaïsme et sionisme (bien loin  de la phraséologie antisioniste…), que les « antisionistes » voudrait nous vendre pour des rêveries humanitaires de quelques érudits modérés qui se revendiquent comme détenteur du message islamique (Qur’an, Hadith…)…

Si les Juifs quittent la Palestine pour nous, est-ce que nous commencerons à les aimer ? Bien sûr que non. Jamais nous les aimerons. Absolument jamais. Les Juifs sont des infidèles, pas parce que je le dis, pas parce qu’ils tuent des Musulmans, mais parce que Allah a dit: « Les juifs disent qu’Uzair est le fils d’Allah, et les Chrétiens disent que le Christ est le fils d’Allah. » Ce sont leurs propres mots. Ils imitent les dires des mécréants avant eux. Qu’Allah les combatte. A quel point ils sont dans l’erreur. C’est Allah qui dit qu’ils sont infidèles.

Votre croyance, concernant les Juifs, devrait être basée, en premier, sur le fait qu’ils sont infidèles, et en second qu’ils sont des ennemis. Ils ne sont pas des ennemis parce qu’ils occupent la Palestine. Ils auraient quand même été nos ennemis s’ils n’avaient rien occupé. Allah a dit: « Vous trouverez les hommes les plus forts pour être hostiles aux incroyants, qui sont les Juifs et les polythéistes. » En troisième lieu, il faut croire que les Juifs ne cesseront jamais de nous combattre et de nous tuer. Ils ne se battent pas pour la terre ou la sécurité, comme ils l’affirment, mais pour leur religion: « Ils ne cesseront de vous combattre jusqu’à ce qu’ils vous éloignent de la religio, s’ils y parviennent. » C’est exactement cela. Nous devons croire que notre combat contre les Juifs est éternel. Et il ne cessera pas avant l’ultime bataille, et c’est le quatrième point, nous devons croire que nous les combattrons, les vaincront et les annihileront tant qu’un seul Juif vivra sur terre. Ce n’est pas moi qui le dit, le Prophète a dit: « Le Jugement Dernier ne viendra tant que vous n’avez combattu et tué les Juifs. Les Juifs se  cacheront derrière les rochers et les arbres et les rochers et les arbers diront: O Musulman serviteur d’Allah, il y a un Juif qui se cache derrière moi, viens le tuer, à l’exception de l’arbre de Ghardaq qui est l’arbre des Juifs. » On m’a dit que de nos jours ils plantent beaucoup de ces arbres.

En ce qui vous concerne, vous les Juifs -que la malédiction d’Allah soit sur vous-, la malédiction d’ Allah sur vous, dont les ancêtres sont des singes et des porcs, vous avez instillé la haine dans nos coeurs, et nous l’avons léguée à nos enfants et à nos petit-enfants, vous ne survivrez pas tant qu’un seul d’entre nous demeure. O Juifs, que la malédiction d’Allah soit sur vous, O Allah, que ta colère, ta punition et tes tourments s’abattent sur eux, Allah, nous prions pour qu’ils soient transformés à nouveau et que les Musulmans se réjouissent à nouveau de les voir transformés en singes et en porcs. Vous êtes les porcs de la terre. Vous tuez les Musulmans avec ce sang froid de porc [qui coule dans vos veines] .

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Aux origines de l’antisionisme. I-L’antisémitisme: une archéologie

La naissance de l’« antisémitisme ». (c)

Étymologiquement, le terme « antisémitisme » et ses dérivés ne sont utilisés qu’à partir de février 1879, dans un essai du journaliste Wilhelm Marr intitulé La victoire de la germanité contre la judéité. Étudiée d’un point de vue non-confessionnel. Ce pamphlet est un véritable succès de librairie qui connut jusqu’à 12 éditions la même année. « Antisemitismus » fait alors office de slogan politique incarnant le tournant raciste d’une frange conservatrice et populiste de la politique allemande, donnant lieu à la création d’une Ligue des Antisémites (29 septembre 1879) ou à des partis se revendiquant d’une ligne politique raciste dirigée contre les juifs (Parti social-chrétien, Parti du Progrès…)

Fin septembre 1879, le discours du prédicateur luthérien Adolf Stoecker est ouvertement antisémite, et prône la ségrégation à l’encontre des juifs.

Entre 1880-1881 circule une pétition (la « pétition des antisémites »), obtenant à l’époque plus de 267 000 signataires, dont des personalités célèbres (Hans von Bülow,…) et un étudiant allemand sur cinq. Elle exigeait

  1. l’expulsion des juifs de tout emploi public, de l’armée et de la justice,
  2. l’interdiction pour les juifs d’exercer un emploi d’enseignant, à l’exception de quelques postes temporaires à l’université (sciences) et soumis à contrôle,
  3. le rétablissement de statistiques officielles concernant la proportion de population juive,
  4. de strictes restrictions à l’immigration juive en provenance de Russie ou d’Autriche-Hongrie.

Ces régions sont touchées par des progroms ayant eu lieu le 26 avril 1880 à Kiev, les 3,4 et 5 mai 1880 à Odessa, le 15 avril 1881 à Elisabetgrad, les mois de décembre et janvier 1881-1882 à Varsovie, etc…

Victimes de progrom. Russie blanche, 1910
Victimes de progrom. Russie blanche, 1910

Au même moment, en 1881, Charles-Eugène Dühring édite une brochure plus violente encore, intitulée La question juive: une question raciale, morale et culturelle, présentant les juifs comme menace à la pureté biologique et raciale, qualifiant les mesures de discriminations de faiblesse temporaire, appelant à des solutions définitives.. Lire la Suite