Le sionisme des Juifs de Bukhara

Site israélien des juifs originaires d’Ouzbékistan

Le sionisme des Juifs de Bukhara

Par Sacha Bergheim

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Une communauté d’exception

La tradition fait remonter l’origine des juifs de Bukhara aux Tribus de Naphtali et d’Issachar exilées durant la captivité en Assyrie à partir du 7e siècle avant JC. Une seconde vague de Juifs descendant aux mêmes des exilés en Babylonie aurait rejoint l’Asie centrale autour des 5-6e siècles av. JC.

On considère que les Juifs de Bukhara (בוכרים‎ – یهودی بخارایی – яҳудиёни бухороӣ / ya’hudioni by’horoï – Бухарские евреи) ont généralement vécu en marge du reste du monde juif pendant plus de deux millénaires et ont maintenu et préservé leur héritage juif, développant une culture propre avec l’influence des cultures environnantes de l’Asie Centrale. D’autres Juifs se sont toutefois joints ultérieurement à la communauté d’Asie centrale (Juifs de Perse, du Moyen-Orient suivant la route de la Soie). L’histoire des Juifs de Bukhara se sépare de la communauté iranophone de Perse à la suite de la prise de pouvoir des chiites Safévides au 16e siècle qui entrent en conflit avec les Emirs d’Asie Centrale d’obédience sunnite.

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Sur le chemin de la liberté – Israel 1947-1949 – II.4 La reconnaissance internationale

Sur le chemin de la liberté


Israel 1947 – 1949


par Sacha Bergheim

II

La restauration politique.


IV La reconnaissance internationale du droit à l’autodétermination juive : 1947-1948


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L’UNSCOP.

La Commission Spéciale des Nations Unis pour la Palestine, formée le 13 mai 1947, est composée de onze pays (l’Australie, le Canada, la Tchécoslovaquie, le Guatemala, l’Inde, l’Iran, les Pays-Bas, le Pérou, l’Uruguay et la Yougoslavie), sous la présidence du suédois Emil Sandström.

Dr Enrique Fabregat, représentant l'Uruguay à l'UNSCOP - Photo Pinn Hans 14 juin 1947 Jerusalem

Dr Emi Sanström, représentant la Suède et Karl Lisicky, représentant la Tchécoslovaquie, membres de l'UNSCOP, arrivant à Jerusalem le 14 juin 1947 - Photo Pinn Hans
Dr Emi Sanström, représentant la Suède et Karl Lisicky, représentant la Tchécoslovaquie, membres de l'UNSCOP, arrivant à Jerusalem le 14 juin 1947 - Photo Pinn Hans

Membres de l'UNSCOP lors d'une sessions à l'YMCA de Jérusalem - 08 juillet 1947
Membres de l'UNSCOP lors d'une sessions à l'YMCA de Jérusalem - 08 juillet 1947
L'audition de Ben Gourion par les membres de l'UNSCOP (boycottée par les leaders arabes) - Jérusalem YMCA, 04 juillet 1947

Elle s’est rendue de Juin à Septembre de la même année en Palestine mandataire. Siégeant à Jérusalem, elle est d’emblée boycottée par le Comité supérieur arabe qui lui notifie sa décision le 10 juillet 1947. Décision symptomatique de deux éléments : l’ingérence des pays arabes voisins qui imposent le mufti al Husseini de retour de l’Allemagne nazie avec l’aide française, aux dépens de toute représentation locale arabe, d’une part, et, de facto le refus catégorique récurrent des dirigeants arabes d’un compromis, ne serait-ce que sous la forme d’une fédération, d’autre part.

En aucun cas, le travail de l’UNSCOP ne peut être vu comme l’enregistrement des décisions des grandes puissances favorables à la partition. Au contraire, des pays comme l’Inde, profondément marqués par les épreuves sanglantes de la partition, s’opposent d’emblée à tout solution non unitaire.

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Sur le Chemin de la Liberté – Israel 1947-1949 II.3

Sur le chemin de la liberté

Israel 1947 – 1949

par Sacha Bergheim

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II

La restauration politique

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III La refondation d’une société juive indépendante par l’autodétermination

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Les institutions juives présentes durant le Mandat britannique ont non seulement formé le coeur social et politique du futur Etat d’Israel, mais elles ont assumé la fonction concrète d’administration et de pratique démocratique : un constat que feront les différentes commissions britanniques ou onusiennes et qui rendra l’idée d’une partition non seulement nécessaire (aucun accord n’était possible avec les dirigeants arabes) mais réalisable (les institutions juives étaient effectives et présentes).

Ainsi, la démocratie pré-étatique s’illustre dans l’Assemblée des Députés (Asefat haNivharim -אספת הנבחרים) qui s’est réunie la première fois le 19 avril 1920 pour un mandat de 5 ans, et n’aura pas d’équivalent du côté arabe en terme de représentativité et d’expression politique libre et plurielle. Les Britanniques installeront le Conseil Suprême islamique en 1921, et le Comité Supérieur Arabe sera établi le 25 avril 1936 à l’initiative de Amin al Husseini, mais ces deux organes ne représenteront que les intérêts des classes dirigeantes, grands propriétaires terriens et dignitaires religieux qui se recrutaient dans ces mêmes réseaux.

Discours tenu par Ben Gourion pendant la session de l'asefat hanivharim tenue le 20051947 à Jerusalem -pinn hans
Discours tenu par Ben Gourion pendant la session de l'Asefat haNivharim du 20 mai 1947 à Jerusalem - Photo pinn hans

Ce « parlement juif » est complété par l’exécutif, le Va’ad Leumi (le Conseil National) qui fonctionne à l’image d’un gouvernement. Il comprend une trentaine de représentants des principaux groupes parlementaires. Cet élément est décisifs : ils ne sont donc ni nommés ni redevables ni d’un homme auxquels ils devraient leur place, ni d’une appartenance à un clan ou une élite. Parmi eux, les plus compétents sont choisis pour se réunir et former un comité restreint, participer au Congrès général sioniste,…

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Sur le chemin de la liberté – Israel 1947-1949 II.2

Sur le chemin de la liberté

Israel 1947 – 1949

par Sacha Bergheim

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II

La restauration politique.


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II.2 La refondation d’une société juive indépendante et le sens de l’autodéfense

L‘histoire de l’Etat d’Israel ne commence pas le 15 mai 1948.

Dès avril, les institutions démocratiques juives sont en place, en conformité avec les règles internationales, et leur existence se situe dans la continuité des efforts constants entrepris avant même les années 1920 par les autorités juives.

La revendication juive incarnée par le sionisme ne manifeste pas une volonté de rupture avec l’espace oriental. Ben Gourion envisageait lui-même d’étudier le droit ottoman.

Ben Gourion, Yitshaq Ben Tsvi étudiant le droit en Turquie - Photo oct 1912
D. Ben Gourion et Y. Ben Tsvi étudiant en Turquie - Photo oct 1912

Ce même souci de respect de la légalité se retrouve dès lors que les Britanniques prirent le relais politique sur la région.

Si la guerre d’indépendance ne revêt pas la même signification selon que l’on se place du point de vue juif, britannique ou arabe, elle n’en constitue pas moins, dans l’histoire moderne, un exemple original d’auto-défense et d’auto-détermination. Lire la Suite

Sur le chemin de la liberté – Israel 1947-1949 II.1

SUR LE CHEMIN DE LA LIBERTE


ISRAEL 1947 – 1949

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II

La restauration politique juive

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II.1

Le nationalisme religieux arabe

et la présence juive sous le mandat britannique

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En environ un siècle de présence juive en Palestine, entre les progroms de Damas de 1840 et l’instauration du Mandat Britannique, le statut discriminant de dhimmi – sous l’égide du Califat ottoman – est remplacé sous l’égide d’une tutelle britannique partagée entre la reconnaissance politique des minorités juives (dans la lignée de la Déclaration Balfour) et les intérêts stratégiques d’une alliance avec les élites arabes (dans la lignée de la correspondance entre McMahon et le Chérif Hussein).

L’histoire moderne du Proche-Orient – et de ce fait incluant, Israel – peut être comprise comme les différentes formes politiques et religieuses que va prendre le rejet de la tutelle occidentale après le désenchantement consécutif à la libération du monde arabe contre la domination turque.

En ce sens, la confrontation entre Juifs et Arabes ne représente qu’un épisode d’une reconquista arabe, vieille de plusieurs siècles, et visant la retour d’une hégémonie théologico-politique musulmane sur le modèle de celle qui aurait existé du vécu du prophète et des quatre premiers califes. Il s’agit ainsi du retour de l’islam comme puissance expansionniste dans lequel la guerre acharnée contre Israel constitue d’une certaine façon la clé de voûte et l’étape initiale d’une revanche impérialiste et multiforme envers l’Occident, comme le montrent clairement les appels des dirigeants arabes à une future conquête de l’Europe par la démographie.

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Sur le chemin de la liberté – Israel 1947-1949 -1

Sur le chemin de la liberté

Israel 1947 – 1949

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Partition de l’Inde, partition de la Palestine : un parallèle saisissant

L’abandon progressif par les Britanniques de leur Empire a conduit après la Seconde Guerre mondiale à la mise en oeuvre de partitions politiques au sein de leurs anciennes colonies.

Du British Raj sont nées artificiellement le 15 août 1947 deux entités politiques, l’une dirigée par la Ligue musulmane de M. Jinnah au Pakistan et au futur Bangladesh, l’autre sous l’égide des membres du Parti du Congrès, artisans de l’indépendance de l’Union Indienne.

Nehru, leader du Congrès, et Jinnah, chef de la Ligue musulmane

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L’invention de la Palestine, instrument de stigmatisation du peuple juif

L’histoire palestinienne est une construction ex nihilo entièrement orientée par l’objectif d’anéantissement du judaïsme en Israel.

Le schéma récurrent selon lequel la victime (juive) serait devenue bourreau de la victime (palestinienne), illustre cette politique systématique de substitution historique qui sera reprise à grande échelle par de nombreux d’intellectuels en mal de reconnaissance ou de conformisme.

Affirmer la nature démocratique du régime communiste de Corée du Nord tient lieu de provocation. Railler et dénigrer toute parole israélienne, seul démocratie pluraliste du Moyen-Orient, est cependant devenu un lieu commun parce qu’elle est mise en contrepoint d’une authenticité brute, individualisée à l’extrême, dont l’écho médiatique complaisamment diffusé entretient l’inflation visuelle.

La récente parution dans le journal suédois « Aftonbladet » d’un article rappelant les pires heures de l’antisémitisme européen, témoigne de ce processus de construction d’une contre-mémoire militante, faisant pièce à celle de la Shoah, accusée d’une visibilité exclusive. Son auteur avouera avoir écrit sous l’influence de « témoignages » qu’ils n’avait cru déontologiquement utile de vérifier. Et le « journaliste » de s’étonner de la réaction disproportionnée des autorités juives et israéliennes indignées : tous les jours on publie des articles de ce genre, se justifiait-il.

L’imaginaire du conflit arabo-israélien place le « réfugié palestinien » au sommet d’une hiérarchie victimaire fondant une volonté acharnée d’uniformisation du discours de propagande anti-israélien.

Or, l’usage formaté du témoignage se heurte chez ses propres promoteurs à d’éloquentes contradictions, que les diffuseurs de second rang ne discernent plus, par pur parti-pris idéologique.

Ainsi, la réinvention de l’histoire, sous l’égide de la figure du « réfugié palestinien » constitue la pierre angulaire d’une guerre médiatique acculant l’Etat d’Israel à la position définitive de l’accusé.

Dans ce jeu d’ombre de la guerre des mots et des idées, Edward Saïd, intellectuel américain défenseur d’une thèse contestée sur l’orientalisme, et Mahmoud Darwich, poète auto-proclamé du « peuple palestinien », jouent le rôle de portes-parole apolitiques d’une mythologie impérialiste qui ne dit pas son non, où l’identité victimaire forgée de toute pièce devient par leur intermédiaire un instrument de contestation morale du droit à la liberté et à la souveraineté du peuple juif.

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Une terre et des hommes : Israel – Pays pionnier /3

UNE TERRE ET DES HOMMES

ISRAEL – PAYS PIONNIER

DE JERUSALEM A SAFED-3

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La Terre d’Isra’el a été laissée à l’abandon jusqu’au retour des Juifs, à la faveur de l’époque moderne.

Courants religieux achkénazes, yéménites ou sépharades vont associer leurs aspirations communautaires avec les pionniers venant du monde ashkénaze et restaurer des villages, à partir de la seule mémoire et de la tradition, sans d’autre appui ponctuel que celui de philanthropes.

Ces terres ont été défrichées.

Chaque pierre de ces champs a été déplacée à la main.

Chaque parcelle a été rendue fertile par un labeur incessant et harassant.

Il est difficile de s’imaginer, aujourd’hui, la vie en quasi-autarcie, rude et ingrate, éreintante et magnifique, pour cette oeuvre laissée aux générations à venir.

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La renaissance juive est, à partir du 18e siècle, intellectuelle et religieuse.

Sur les ruines des errements de Shabbtaï Tsvi, le monde juif s’est progressivement reconstruit autour de la langue hébraïque (avec les premières revues publiées dès le milieu du 18e siècle, avant de connaître un essor fulgurant au 19e) , jusqu’à l’accomplissement dû à l’oeuvre exemplaire et passionnée de Eliezer ben Yehuda.

Une renaissance autour de la mémoire, avec une progressive prise de conscience de l’historicité de la vie juive (entamée par l’école de la Science du judaïsme à partir de 1822), jusqu’à la restauration politique sioniste, dont l’Etat d’Israel est l’incarnation.

Restauration culturelle et politique qui ne s’est pas faite sans difficulté, que ce soit avec les illusions de l’assimilation, ce renoncement identitaire qui, de façon tragique, n’a épargné aucune famille d’ascendance juive (car, selon les nazis, la judéité représente un facteur racial et non culturel).

Le monstre hideux de l’antisémitisme a trouvé, et trouve encore aujourd’hui de nouveaux prétextes, et son incessante résurgence est un appel à l’humanité toute entière à ne pas verser dans la barabarie, le non-sens, l’arbitraire et la déchéance.

La vie en Israel, dans cette terre chargée d’espoir s’est jouée aussi la restauration symbolique de toutes les émancipations, et restauration affirmée contre les négationnismes et contre l’oubli.

Une terre abandonnée qui, grâce à la détermination de ces femmes et de ces hommes, a retrouvé sa luminosité et son calme verdoyant, une conquête de tous les instants contre les destructions et les haines.

Et aujourd’hui, Tisha beAv, c’est à cette restauration que ce parcours dans erets yisra’el, entre le 19e et le 20e, voudrait rendre hommage.

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Une terre et des hommes : Israel pays pionnier -2

UNE TERRE ET DES HOMMES : ISRAEL – PAYS PIONNIER

DE TEL AVIV A JERUSALEM

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Parler d’occupation concernant la présence juive en Israel c’est de toute évidence une erreur historique, et un parti-pris idéologique marqué par la cécité et le mensonge.

Mais cela représente aussi une véritable injustice à l’égard de toutes celles et tous ceux qui ont accompli ce labeur harassant de défrichement et de construction. Parce quà leur arrivée, les pionniers n’ont trouvé qu’une terre aride, misérable, peuplée de quelques bourgades, et de bédouins itinérants à la recherche des sources et des maigres pâturages. Les yichouvim y demeurait dans des conditions précaires, tant à Jerusalem où ils étaient majoritaires qu’à Safed ou dans des petits villages de Samarie ou de Galilée.

Le pays tel que nous le connaissons aujourd’hui, accueillant, verdoyant, reboisé, avec ses villes et ses routes, a été  bâti de main d’homme, dans des conditions rudes, dans l’insécurité, mais avec une exemplaire détermination et une rare espérance.

Continuons notre découverte de cet esprit pionnier !

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Une terre et des hommes : Israel – pays pionnier

ISRAEL PAYS PIONNIER

L’histoire de l’Etat d’Israel est avant tout l’oeuvre de pionniers, d’hommes et de femmes qui sont partis de rien, et sur une terre aride, souvent insalubre, et misérable par des siècles d’abandon, qu’ils ont réussi à faire reverdir.

Des pages d’histoire généralement omises au profit d’une version idéologique qui n’a conduit qu’à plus de haine.

L’histoire de ses hommes et de ses femmes qui ont, de leur propre main, de leur propres efforts, et grâce à leur volonté et leur amour pour cette terre d’Israel, ont acquis, plus que quiconque, le droit à y vivre. Une terre ne porte pas de titre de propriété. Elle accueille celui qui a su se montrer digne du don de cette terre.

Et ce sont quelques pages de cette histoire d’à peine un siècle que cet article souhaite présenter.

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Document : Les institutions politiques de l’Etat d’Israel. Par Emile Najar. 1950

En 1950, Emile Najar, dans un style qui n’est pas encore soumis au diktat de l’antisionisme, décrit avec précision les conditions de naissance de l’Etat d’Israel. Ce professeur de droit démontre la légitimité et la légalité de l’Etat juif, mais rappelle  également un fait essentiel : la reconstruction de l’Etat juif ne doit rien aux autres, elle n’est pas le fruit d’une feuille de route, elle est l’oeuvre de la volonté du peuple juif de retrouver sa liberté.

Extraits.

Israel flags

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Les institutions politiques de l’Etat d’Israël

Emile Najar

Revue internationale de droit comparé, Année 1950, Volume 2, Numéro 2

p. 285 – 296

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Caroline Glick

caroline glick_logo

Née aux Etats-Unis et élevée dans une famille libérale plutôt distante vis-à-vis du sionisme, Caroline Glick arrive en Israel en 1991, avant d’être engagée aux côtés des négociateurs israéliens à la suite des accords d’Oslo. Confrontée au double langage des autorités palestiniennes (un discours d’apparence conciliant face aux occidentaux et un discours radical d’appel à la violence face à l’opinion publique arabe), elle en vient à mettre en question tant la partialité des médias dans leur analyse du conflit proche-oriental (due notamment aux pressions exercées par les Palestiniens à l’encontre de ceux qui ne collaborent pas à leur propagande) que les présupposés d’un « processus de paix » qui cautionnent les exactions et les politiques repressives dans les sociétés arabes, laissant toute volonté de paix réelle dans l’impasse.

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L’oubli comme idéologie

Un épisode oublié de la guerre d’indépendance israélienne :

Le massacre du Gush Etsion, ou

L’oubli comme arme politique.

Les partisans du « camp de la paix » autoproclamé font de la « Cisjordanie » un territoire judenrein comme condition primordiale de la paix au Proche-Orient, accréditant ainsi l’idée d’une exclusion religieuse ou raciale comme condition sine qua non de tout accord de paix. Appliqué à l’Europe et aux populations allochtones (c’est-à-dire aux « immigrés »), un tel raisonnement est raciste. Appliqué à Israel, il se mue étrangement en logique d’émancipation…

le "danger sioniste"... Enfants de Kfar Etsion
le "danger sioniste"... Enfants de Kfar Etsion

Dans cet objectif, il importe de déterritorialiser tout vécu juif, d’en faire une entité abstraite déracinée, avec en prime un sens récurrent de l’omission volontaire.

Un exemple significatif du conflit de mémoire concerne les habitants du Gush Etsion.

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Theodor Herzl et l’émancipation de l’Afrique…

A l’heure des élections européennes, marquées notamment par la présence d’une liste ouvertement judéophobe,  j’aimerais citer celui qui est considéré comme le père du sionisme, ou pour être plus précis, du sionisme pragmatique, Theodor Herzl. Les détracteurs de l’existence d’Israel veulent forger de toute pièce l’image d’un sionisme assimilé au colonialisme. Voilà la réponse, avant  l’heure, de Herzl, il y a plus d’un siècle.

« Parmi le désespoir des peuples, qui, jusqu’à présent, est resté insoluble, et dont la tragédie ne peut être comprise pleinement  que par un Juif, il y a une autre question d’égale importance, celle de l’Afrique.

« Il suffit de se souvenir de tous ces épisodes terribles, l’esclavage d’êtres humains, qui, par le seul fait d’être noirs, étaient fait prisonniers, capturés, vendus comme du bétail. Leurs enfants ont grandi dans des pays qui leur étaient étrangers, ils étaient dénigrés, en butte à l’hostilité parce que leur couleur de peau était différente.

« Et bien que certains trouveront à y redire, j’affirme que lorsque j’aurai été témoin de la rédemption du peuple juif, de mon peuple, je ne pourrais alors que souhaiter  la rédemption des peuples d’Afrique. »

Les racines du sionisme : 2-sionisme et judaisme

2- Les précurseurs du sionisme :

l’ancrage du sionisme dans la tradition juive.

Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? Et quand je suis pour moi seul, que suis-je ? Et si ce n’est pas maintenant, quand ce sera-t-il ? Pirke Avot, 1,14.

Certains croient que le sionisme est le l’œuvre d’un seul homme, Theodor Herzl, auteur de l’Etat pour les Juifs (der Judenstaat). D’autres disent également que le sionisme n’aurait rien à voir avec la religion juive, croyant dissimuler ainsi leur haine des Juifs.

Qu’en est-il réellement ? Le sionisme est-il une invention moderne ? Est-il vraiment concevable sans ses racines juives ?

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