L’aporie de l’émancipation et l’antisémitisme contemporain 2

La haine enseignée aux enfants

L’émancipation était la promesse qu’en échange d’un renoncement à une identité politique et en se fondant dans la société majoritaire, l’individu (juif) serait libéré des servitudes collectives imposées aux communautés juives et qu’on ne verrait en lui que l’homme avant de voir le Juif, pour plagier la formule de Lessing dans Nathan der Weise. La littérature contemporaine a érigé le conseiller prussien Dohm au rang d’initiateur de l’émancipation dont la pensée révolutionnaire aurait radicalement rompu avec l’exclusion socio-théologique passée en ouvrant à lui seul les portes du ghetto: sans faire preuve d’anachronisme (en attribuant à une Allemagne qui ne reconnaissait que trois confessions suite au Traité de Westphalie), on peut tout de même s’étonner de la radicalité d’une proposition aussi généreuse que celle de Dohm, affirmant que « Le Juif est encore plus un être humain qu’un Juif » (Der Jude ist noch mehr Mensch als Jud). Curieuse révolution qui ne fait qu’énoncer un état de fait, l’humanité en tout Juif, mais qui révèle en contrepoint à quel point l’idéologie de l’Europe est compromise par le déni de l’altérité. Il y a toute une satisfaction perverse à réduire l’autre par excellence, le Juif, à n’être que le produit des fantasmes et des frustrations, à le priver de sa différence et de sa légitimité. En ce sens, il y a là une proximité évidente entre la condition juive et la condition noire dans leur relation avec la psychè collective européenne.

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L’aporie de l’émancipation et l’antisémitisme contemporain 1

Une chronique de meziane ourad

Yosef Yerushalmi, dans son essai intitulé Zakhor. Histoire juive et mémoire juive, (Paris, La Découverte, 1994) aborde la question de l’historiographie juive. Il souligne à juste titre que l’écriture de l’histoire, ainsi que la constitution d’une ligne de fracture entre le temps présent religieux orienté vers le futur, et la perception d’un changement de condition de vie reléguant ainsi dans le passé le patrimoine qui n’est désormais plus vécu hic et nunc, constituent deux enjeux fondamentaux de l’histoire contemporaines des Juifs.

C’est au tournant du 19e siècle naissant que se joue la formulation contemporaine d’une aporie dont l’identité juive d’aujourd’hui semble encore souffrir à bien des égards. « L’âge d’or de l’histoire en Europe coïncida avec l’aube du nationalisme moderne« , écrit Yerushalmi (p.105), ce qui pourrait garantir la légitimité collective du peuple juif à partir de l’écriture de son histoire en propre. La Wissenschaft des Judentums, ce mouvement intellectuel autour de Leopold Zunz, entama ainsi une redécouverte et un réexamen de la littérature juive dans une perspective non plus religieuse ou rituelle, mais en s’appuyant sur les méthodes universitaires: la fin du ghetto serait ainsi la fin d’un monde voué dorénavant, pensait-il, à la seule préoccupation des savants et des philologues. Heinrich Graetz entendait de son côté établir une continuité culturelle dans son Histoire des Juifs (1853-1871). Mais pour ces intellectuels, ce n’est pas le versant national qui est induit par cette évolution, mais au contraire l’achèvement de l’histoire proprement dit, au profit de l’historiographie d’une époque et d’un mode d’être qu’ils pensaient révolus.

Néanmoins, « l’Europe exigeait dans le même temps des seuls Juifs qu’ils cessassent de se considérer comme une nation et qu’ils se redéfinissent en des termes purement religieux. C’était une des conditions qu’elle mettait à leur émancipation. » (p.105) Exister en tant que « juif » serait ainsi s’exposer à une exclusion volontaire, puisque l’individu concerné aurait eu le choix entre l’émancipation, l’accès à une égalité de jure (à défaut d’être réelle), et l’inclusion dans l’universel d’une part, et la marginalisation voulue, comme l’effet d’un particularisme acharné.

En réalité, le processus qui se joue à travers par exemple l’historicisation du Talmud par les universitaires allemands, la sécularisation de l’histoire, ou encore la désacralisation du texte biblique qui pouvait faire l’objet d’une étude hors du champ des méthodes et de la tradition juive, reflète deux tensions: la première porte sur la modernité et la seconde sur la relation du religieux au politique. Le rapport au passé qui transparaît dans la conception d’une histoire juive met en exergue la façon dont une société, en l’occurrence  l’ensemble des individus liés par un sentiment de communauté avec les autres juifs, nous permet à la fois de faire figurer côte à côte les revendications des intellectuels ainsi les configurations symboliques et idéologiques à travers lesquelles les idées mêmes de peuple juif, de judaïsme ou d’identité juive sont perçues.

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Les Palestiniens face à leur histoire: la responsabilité du Haut Comité Arabe dans l’exode des Arabes de Haifa

Life Magazine 1948: le départ des Arabes de Haïfa, présence d'un soldat britannique

Les Palestiniens face à leur histoire: la responsabilité du Haut Comité Arabe dans l’exode des Arabes de Haifa

Article paru en 2011 pour aschkel.info.

A l’heure où le boycott fanatique et moralement cynique envers les Juifs est à l’ordre du jour, en raison d’une supposée faute morale (la privation du droit légitime à un Etat sur leur terre ancestrale dont « ils » ont été chassés), il est plus que nécessaire de rappeler les responsabilités réelles dans le déplacement des populations arabes entre 1947-49 qui incombent de façon dramatique et pour une large part aux seules autorités politiques arabes, persuadés du dénouement sanglant et du règlement définitif du jeune Etat juif. Lâcheté des élites aisées, abandon de leur concitoyens par manque évident de cohésion en raison des clivages de la société arabe d’immigration récente, calcul politique des dirigeants du Haut comité arabe en espérant gagner un soutien massif en sa faveur par l’afflux de déplacés aux frontières des Etats voisins, refus idéologique enfin de voir une coexistence pacifique judéo-arabe et catégorique refus religieux de voir réfutée dans les faits la dhimmitude sanctionnée par la foi.

Les causes sont multiples, et on pourrait ajouter la surprise de voir les pionniers juifs associés aux survivants de la Shoah se battre pour leur survie, là où l’imaginaire collectif musulman ne pouvait concevoir les Juifs que sous les traits d’un peuple vaincu et éploré par son sort. Cet article entend rappeler, en convoquant le déroulement des faits, et en particulier les journées décisives des 21 et 22 avril 1948, où fut décidé par les autorités arabes le départ sous la surveillance britannique de l’essentiel de la population arabe restante de Haïfa. Nous avons également constaté que des sites pro-palestiniens utilisent des photos, notamment celle du port de Haïfa, pour « prouver » l’expulsion manu militari…quand le soldat en faction est britannique. Les légendes sont quasi systématiquement tronquées ou truquées, dans le seul but d’alimenter une idéologie de haine, qui doit être dévoilée dans sa crudité et son obscénité au regard du sort de tant de victimes réelles dans le monde.

Petit rappel des faits:

  1. La population arabe de Haifa est passée d’environ 60 000 habitants en 1947 à environ 3 000 en 1948.
  2. Plus de la moitié ont quitté la ville à partir de novembre 1947, soit environ six mois avant la prise de contrôle de la ville par la Haganah.
  3. Les représentants locaux du Haut Comité Arabe ont exigé l’organisation par les Britanniques du départ volontaire de la population arabe restante (environ 20 000 habitants) les 21-22 avril 1948 sur instruction explicite du Comité Arabe établi au Caire.
  4. Les autorités juives ont appelé sans relâche la population arabe à rester car la coexistence impliquait la reconnaissance et la légitimité du projet sioniste.
  5. Les autorités arabes sont responsables de l’exode des Arabes déplacés originaires de Haifa, ce qui discrédite l’accusation de nettoyage ethnique.

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Au coeur du système Arafat

Article original publié en 2012 sur israel-flash.com.

Il est pathétique de voir en 2015 le Potus ou Fabius s’archarner à vouloir « garantir » la paix au Proche-Orient en dépeçant le territoire israélien au profit d’une organisation pseudo-étatique qui a pour seul et unique légitimité l’anéantissement ultime de l’Etat juif. Ce même scandaleux Fabius qui hystériquement entend faire de la paix un futur casus belli au coeur même d’Israel, au nom de son « angoisse » de se réveiller un jour en pensant à une nouvelle guerre à Gaza, sous entendu, à un nouveau « carnage », quelle écoeurante hypocrisie quand la responsabilité incombe à la militarisation à outrance des organisations paramilitaires arabes (Hamas, Hezbollah) et à son soutien occidental (puissance gazière du Qatar oblige)! Et quelle ignoble souci moral, quand il ferme obstinément les yeux sur les méfaits autrement plus dévastateurs de la politique française au Rwanda, au Congo et plus généralement de la prédation économique française en Afrique?

L’enjeu électoral est évident: la solidarité envers « les palestiniens » est celle du pleutre qui calcule bassement le rôle de faiseurs de roi dont dispose l’électorat musulman. Quitte à insinuer que les Israéliens commettent des massacres, et bien sûr, qu’ils privent les Arabes d’un Etat, de la paix et du bonheur par leur simple existence. Mais de quel Etat s’agit-il? De l’Autorité Palestinienne? De sa cohorte de « fonctionnaires » qui permettent de réclamer de façon menaçante aux bailleurs de fonds occidentaux l’assistanat à perpétuité en accusant Israel? Du financement des terroristes ayant du sang sur les mains et emprisonnés? De leur famille? De la répression policière envers les opposants politiques au « président » Abu Mazen. Ce n’est qu’un exemple de dysfonctionnement évident de la fameuse solidarité qui masque en réalité le soutien docile de l’Europe et d’une certaine élite à l’égard du projet de l’O.C.I. Mais fermer les yeux sur ce système construit par le « prix Nobel » Arafat en violation de tous ses engagements, reviendrait à admettre que l’Autorité Palestinienne ne tient qu’en raison du soutien israélien, son impopularité due à sa corruption et sa répression l’entretient dans une surenchère de propagande antijuive qui assoit la légitimité du projet du Hamas, sur le point de prendre le pouvoir: la mascarade à propos du « partenaire pour la paix » tient à un fil. Il faut donc forcer l’Etat juif avant que les masques tombent et que la guerre ne reprennent, cette fois-ci de l’attaque du Hamas et de ses alliés. Ce sera la fin du discours moralisateur et la révélation des compromissions politiques: ce que les Fabius et autres escrocs veulent éviter à tout prix.


Parmi les idées toutes faites concernant le conflit au Proche-Orient, on lit très souvent qu’Israël aurait favorisé l’installation du Hamas, endossant le rôle caricatural du belligérant manipulateur à l’origine de la division dans la direction palestinienne.

En même temps, c’est précisément à la demande du Fatah et sur la base de renseignement de ce dernier que Tsahal contient l’essor des mouvements djihadistes et radicaux en Judée-Samarie.

De façon similaire et systématique, les médias occidentaux continuent d’inventer de toute pièce une réalité qui n’existe que sur le papier en  présentant tant le  Hamas que le Fatah jusqu’en 2006 comme représentent un gouvernement « démocratiquement élu », disposant d’une légitimité quasi étatique et censée incarner l’ensemble des intérêts collectifs de la société arabe.

De ce fait, même le Hamas qui appelle dans ses statuts à la guerre et à la destruction de son adversaire Juif serait adoubé par ce discours au rang d’interlocuteur légitime du « processus de paix ».

Un troisième lieu commun des médias occidentaux résident dans leur acharnement à mettre de côté la stratégie belliciste de conquête de tous les acteurs politiques arabes comme le prouve le réarmement sous égide américain (Fatah) ou iranien (Hamas) ainsi que le silence obstiné à l’égard de la propagande outrancière, incitation à la violence antijuive, diffusion d’informations volontairement mensongères…, tout en exigeant d’Israël, systématiquement présenté sous un jour négatif et violent, une stratégie illusoire et fatale de concession.

Nous proposons dans ce dossier de revenir sur les années 1993-1995 où s’est cristallisée cette schizophrénie médiatique, où le mantra du « processus de paix » a rendu possible tous les errements déontologiques et entériné l’idéologisation du discours sur le conflit proche-oriental et cautionné la radicalisation de larges franges de la population à l’égard d’Israël, à tel point que ce petit pays serait une menace pour la paix mondiale.

En nous plongeant dans les toutes premières années de pouvoir d’Arafat dans les territoires censés devenir un « Etat palestinien », nous pourrons voir avec une étonnante précision comment l’OLP a mis en place au vu et au su de toutes les chancelleries un système politico-répressif combiné à un pouvoir personnel dictatorial centré autour d’Arafat.

Confronté à ses illusions et à la réalité guerrière du pouvoir d’Arafat, l’Etat d’Israël s’est rapidement retrouvé dans une position intenable:

–          soit il dénonçait la militarisation de l’OLP et le règne de la terreur qu’il instaure dans les territoires et en dehors (les attentats contre les civils juifs commencent dès 1994!), au risque de se voir accusé de saborder un processus de paix que l’OLP avait déjà anéanti dans les actes.

–          Soit Israël, sous la pression occidentale, laissait carte blanche à l’OLP, en application des accords secrets de Rome, pour juguler les mouvements islamistes et gauchistes, tout en cautionnant et soutenant de facto un régime anti-démocratique dont la vocation à terme, conformément aux statuts du Fatah restait la destruction de l’Etat juif!

La responsabilité du fiasco monumental et de la supercherie médiatique que représente le Processus de paix, incombe certes aux dirigeants israéliens, influencés notamment par les idéologues révisionnistes de gauche, mais surtout aux puissances occidentales qui, par calcul mesquin ou pusillanimité, ont préféré miser sur Arafat, escroc notoire et autocrate sans vergogne, quitte à  sacrifier le pluralisme de la société arabe de Cisjordanie/Judée-Samarie depuis 1967 (liberté de presse,…), et à soutenir l’endoctrinement de la société arabe dans une culture de la haine.

Nous aboutissons rapidement à l’organisation d’une mise au pas médiatique, calibrée sur les pratiques d’Arafat, et uniformisant les discours (« processus de paix », « paix contre les territoires », « autorité palestinienne », « gouvernement démocratiquement élu »,…)

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Reprise des publications

La partition de Jerusalem voulue par l'Europe et le visage de la haine anti-juive envers un Juif buvant de l'eau sur le mont du Temple. Oui, les Juifs sont interdits de boire l'eau des fontaines publiques sur un lieu dit "3e lieu saint de la religion de paix et de tolérance". CQFD

Bonjour, Shalom,

Des publications plus anciennes diffusées sur d’autres sites, ainsi que d’autres, plus récentes, vont être mises à disposition des lecteurs sur ce blog.

En espérant que ces modestes analyses offriront quelques clés de compréhension d’une actualité étouffée par le trop plein médiatique-idéologique, et ouvriront aussi des discussions qui sont toujours les bienvenues.

Deux petites images faisant écho à l’actualité: la funeste coopération irano-coréenne montre l’échec plus qu’inquiétant de l’illusoire détente régionale imposée par le Potus, et le visage de la haine, payée au nom d’une fallacieuse et grotesque « défense d’al-Aqsa », reflet des agressions systématiques des Musulmans de Jerusalem envers les Juifs. (Lien vidéo de la réaction hystérique et scandaleuse suite au souhait d’un Juif de boire un peu d’eau d’une fontaine publique sur ladite « esplanade des mosquées » plus bas)

La prolifération nucléaire et la menace du chaos
La prolifération nucléaire et la menace du chaos

 

La partition de Jerusalem voulue par l'Europe et le visage de la haine anti-juive envers un Juif buvant de l'eau sur le mont du Temple. Oui, les Juifs sont interdits de boire l'eau des fontaines publiques sur un lieu dit "3e lieu saint de la religion de paix et de tolérance". CQFD
La partition de Jerusalem voulue par l’Europe et le visage de la haine anti-juive envers un Juif buvant de l’eau sur le mont du Temple. Oui, les Juifs sont interdits de boire l’eau des fontaines publiques sur un lieu dit « 3e lieu saint de la religion de paix et de tolérance ». CQFD

Bonne lecture.

Le sionisme des Juifs de Bukhara

Site israélien des juifs originaires d’Ouzbékistan

Le sionisme des Juifs de Bukhara

Par Sacha Bergheim

Pour © 2010 contrecourant © 2010 aschkel.info – © 2010 lessakele

 

Une communauté d’exception

La tradition fait remonter l’origine des juifs de Bukhara aux Tribus de Naphtali et d’Issachar exilées durant la captivité en Assyrie à partir du 7e siècle avant JC. Une seconde vague de Juifs descendant aux mêmes des exilés en Babylonie aurait rejoint l’Asie centrale autour des 5-6e siècles av. JC.

On considère que les Juifs de Bukhara (בוכרים‎ – یهودی بخارایی – яҳудиёни бухороӣ / ya’hudioni by’horoï – Бухарские евреи) ont généralement vécu en marge du reste du monde juif pendant plus de deux millénaires et ont maintenu et préservé leur héritage juif, développant une culture propre avec l’influence des cultures environnantes de l’Asie Centrale. D’autres Juifs se sont toutefois joints ultérieurement à la communauté d’Asie centrale (Juifs de Perse, du Moyen-Orient suivant la route de la Soie). L’histoire des Juifs de Bukhara se sépare de la communauté iranophone de Perse à la suite de la prise de pouvoir des chiites Safévides au 16e siècle qui entrent en conflit avec les Emirs d’Asie Centrale d’obédience sunnite.

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Les Arabes de Palestine sous la bannière nazie. 1933-1946

Les arabes de Palestine sous la bannière nazie.

La collaboration entre nazis et nationalistes palestiniens

1933-1946

Une enquête de Sacha Bergheim

Contrat Creative Commons
Les arabes de Palestine sous la bannière nazie by Sacha Bergheim est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 Unported.

« La condition précise de notre collaboration avec l’Allemagne était l’entière liberté pour éliminer les Juifs, jusqu’au dernier, de la Palestine et du monde arabe. J’ai demandé à Hitler son accord explicite pour nous autoriser à résoudre le problème juif d’une façon bénéfique à nos aspirations raciales et nationales et conforme aux méthodes scientifiques que l’Allemagne a inventées pour s’occuper de ses Juifs. La réponse que je reçus fut : les Juifs sont à vous. »

Amin al Husseini, Mémoires. Rencontre avec Hitler du 28 novembre 1941.

« Nous admirions les Nazis. Nous étions immergés dans la littérature et les livres nazis. Nous fûmes les premiers à envisager de traduire Mein Kampf [en arabe]. Quiconque a vécu à Damas à cette époque était témoin de l’engouement arabe pour le nazisme. »

Sami al Jundi, fondateur du Parti Ba’ath syrien.

Une réalité historique négligée par la critique

Évoquer la participation arabo-musulmane au national-socialisme, ainsi que la permanence entre « résistance antisioniste » et mouvements nazis et néonazis, c’est mettre au jour un facteur essentiel, bien que généralement occulté (l’accès à des archives dispersées rend la recherche complexe et fastidieuse), de la perpétuation des conflits du Proche-Orient.

Le lien de parenté idéologique et de continuité logistique entre le national-socialisme et l’islam militant remontre aux années 1930 et se poursuit jusqu’à nos jours. Si le nationalisme arabe ne se réduit pas à sa composante fascisante, cette dernière représentent cependant un élément fondamental pour comprendre la guerre interne à l’islam, qui s’incarne tant dans la guerre de l’islamisme contre l’occident, que dans la diffusion à grande échelle des thèses antisémites dans le sillage des méthodes de propagande nazies.

Quelles ont été les conditions d’introduction, de diffusion et d’amplification des thèses fascistes et nazies dans le monde arabo-musulman ? Par quel biais l’antijudaïsme traditionnel dans l’islam – coextensif de la dhimmitude – a-t-il adopté les théories conspirationnistes de l’antisémitisme européen ?

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Sur le chemin de la liberté – Israel 1947-1949 – II.4 La reconnaissance internationale

Sur le chemin de la liberté


Israel 1947 – 1949


par Sacha Bergheim

II

La restauration politique.


IV La reconnaissance internationale du droit à l’autodétermination juive : 1947-1948


AVIS: La publication complète ou partielle de l’article est soumise à l’autorisation préalable de l’auteur (contacter aschkel.info ou à-contre-courant).


L’UNSCOP.

La Commission Spéciale des Nations Unis pour la Palestine, formée le 13 mai 1947, est composée de onze pays (l’Australie, le Canada, la Tchécoslovaquie, le Guatemala, l’Inde, l’Iran, les Pays-Bas, le Pérou, l’Uruguay et la Yougoslavie), sous la présidence du suédois Emil Sandström.

Dr Enrique Fabregat, représentant l'Uruguay à l'UNSCOP - Photo Pinn Hans 14 juin 1947 Jerusalem

Dr Emi Sanström, représentant la Suède et Karl Lisicky, représentant la Tchécoslovaquie, membres de l'UNSCOP, arrivant à Jerusalem le 14 juin 1947 - Photo Pinn Hans
Dr Emi Sanström, représentant la Suède et Karl Lisicky, représentant la Tchécoslovaquie, membres de l'UNSCOP, arrivant à Jerusalem le 14 juin 1947 - Photo Pinn Hans

Membres de l'UNSCOP lors d'une sessions à l'YMCA de Jérusalem - 08 juillet 1947
Membres de l'UNSCOP lors d'une sessions à l'YMCA de Jérusalem - 08 juillet 1947
L'audition de Ben Gourion par les membres de l'UNSCOP (boycottée par les leaders arabes) - Jérusalem YMCA, 04 juillet 1947

Elle s’est rendue de Juin à Septembre de la même année en Palestine mandataire. Siégeant à Jérusalem, elle est d’emblée boycottée par le Comité supérieur arabe qui lui notifie sa décision le 10 juillet 1947. Décision symptomatique de deux éléments : l’ingérence des pays arabes voisins qui imposent le mufti al Husseini de retour de l’Allemagne nazie avec l’aide française, aux dépens de toute représentation locale arabe, d’une part, et, de facto le refus catégorique récurrent des dirigeants arabes d’un compromis, ne serait-ce que sous la forme d’une fédération, d’autre part.

En aucun cas, le travail de l’UNSCOP ne peut être vu comme l’enregistrement des décisions des grandes puissances favorables à la partition. Au contraire, des pays comme l’Inde, profondément marqués par les épreuves sanglantes de la partition, s’opposent d’emblée à tout solution non unitaire.

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La persécution des Juifs de Syrie – Reut R. Cohen

La persécutions des Juifs de Syrie.

Reut R. Cohen

Un article original : The Persecution of the Jews in Syria


Traduit par Sacha Bergheim avec l’aimable autorisation de l’auteur

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Il est important de remarquer que des pays comme l’Arabie Saoudite, le Yemen, Oman, la Jordanie, la Syrie, le Liban, l’Iraq et le Koweit n’existaient pas aux débuts du 20e siècle. La Syrie, par exemple, a été constituée en avril 1946, le Liban le 26 novembre 1941, même s’il n’a été reconnu que le 22 novembre 1943.

Israel, souvent désigné comme Palestine (un terme qui remonte aux colonies de l’Empire romain plutôt qu’à l’histoire des Arabes) a une existence attestée dans l’histoire comme Royaume juif.

L’essentiel du Proche-Orient a été dominé par l’Empire ottoman, puis les Britanniques ont plus tard pris le contrôle de la région et ont créé de nouveaux pays, installé des royaumes, tel que le Royaume hachémite de Jordanie qui n’avait jamais auparavant existé. De nombreux peuples non-musulmans vivaient dans ces régions et représentaient une part significative de la population de villes comme Bagdad, le Caire, Damas, avant l’émergence du mouvement nationaliste arabe. Les Juifs étaient ceux, parmi ces peuples, qui ont eu une présence continue de Jérusalem à Hébron, jusqu’au Yémen et à l’Iraq d’aujourd’hui.


Sous le joug islamique les Juifs vivaient en Syrie en tant de dhimmis et avaient de ce fait des droits sociaux et juridiques moindres que les musulmans. La situation des Juifs dans les années 1940 s’est détériorée en raison du mouvement national arabe. Des émeutes eurent lieu à plusieurs reprises à Damas. Le pillage des maisons et le viol des femmes juives étaient courants. Ma grand-mère maternelle qui vivait à Damas s’est enfuie de Syrie au milieu des années 1940. Ses parents étaient décédés et elle était contrainte de vivre avec une soeur aînée. Ma grand-mère était consciente que la vie pour les Juifs devenait dans les années 1940 plus difficile. Sous le joug colonial français, les Juifs étaient un peu plus acceptés en Syrie, mais l’avènement du nationalisme arabe a vu la situation des Juifs se dégrader rapidement.


À l’âge de 16 ans, ma courageuse grand-mère a décidé de faire un long et pénible voyage pour rejoindre Israel, en payant un homme druze avec l’or que sa mère lui avait laissé.

Reut Cohen avec sa grand-mère en 1988

Ma grand-mère et d’autres Juifs qui partaient de Syrie vers Israel devaient marcher la nuit car les autorités syriennes incarcéraient tout Juif fuyant en direction d’Israel. Pour beaucoup de Juifs, il était donc presque impossible de s’enfuir. Les derniers Juifs de Syrie ont pu s’échapper au début des années 1990. Nos proches parents, qui sont arrivés en Israel à ce moment, nous ont reconnu ce qu’ils ont vécu. Ils avaient été arrêtés par les autorités syriennes, torturés pendant des années et subissant des crimes innommables, perpétrés par la police syrienne.

Famille juive dans leur ancienne maison en 1901 à Damas, alors sous joug turc

Avant 1947, il y avait plus de 30 000 Juifs vivant en Syrie. Les trois principaux groupes étaient composés des Juifs Mizrahi de Damas, des Juifs kurdophones de Kamishli, et des Juifs d’Alep liés à l’Espagne.


L’histoire de la présence juive en Syrie peut être retracée jusqu’avant même l’introduction du christianisme et de l’islam. À certains moments, la situation des Juifs en Syrie fut relativement bonne. Par exemple, Menashe Ibrahim el Kazzaz dirigea l’administration syrienne et garantit aux Juifs la possibilité de tenir des positions au gouvernement.

Mariage juif à Alep en Syrie - 1914

À la suite de l’indépendance syrienne en 1946, les attaques contre les Juifs et leurs biens s’accentuèrent et culminèrent à plusieurs reprises dans des pogromes sanglants. Le pogrome de 1947, par exemple, laissa tous les magasins et les synagogues d’Alep en ruine. Les Juifs furent déclarés « ennemis du gouvernement ». Des milliers de Juifs fuirent alors le pays en dépit des menaces du gouvernement syrien d’incarcération et d’assassinat contre tous ceux qui oseraient s’échapper. Les maisons et les biens des Juifs furent saisis par les musulmans locaux et les autorités.


Le Juifs de Syrie qui restaient se trouvèrent dans l’impossibilité de s’échapper. Ils étaient otages d’un régime fasciste. On leur disait qu’ils ne pourraient quitter la Syrie qu’à la condition d’abandonner des membres de leur famille. C’est pourquoi la communauté vécut alors enfermée et sous la peur, surveillée par la police secrète.


Le dernier exode des Juifs syriens a eu lieu aux environs d’octobre 1994 lorsque des Juifs s’en allèrent avec leur grand rabbin. 1 262 Juifs syriens ont été sauvé et conduit en Israel. Rabbi Avraham Hamra, leader spirituel de la communauté juive syrienne, fit parti de ceux qui quittèrent le pays et immigrèrent à New York. Il vit aujourd’hui en Israel.


Il reste aujourd’hui moins de 100 Juifs en Syrie. Les Juifs y sont la seule minorité avec des passeports et des cartes d’identité indiquant leur religion.



Sources:

« Country Reports on Human Rights Practices. » U.S. Department of State. 4 Mar. 2002. US Department of State. 19 Jan. 2009 .

Frankel, Jonathan. The Damascus Affair. Cambridge: Cambridge University Press, 1997

Singer, David and Lawrence Grossman. American Jewish Year Book 2003. American Jewish Committee, 2003.

Stillman, Norman. The Jews of Arab Lands in Modern Times. Philadelphia: The Jewish Publication Society, 1991.

Yadin, Yigael. Bar-Kokhba; the Rediscovery of the Legendary Hero of the Last Jewish Revolt against Imperial Rome. London: Weidenfeld and Nicolson, 1971.

Ye’or, Bat et.al. Islam and Dhimmitude. Madison: Fairleigh Dickinson University Press, 2002.

La persécutions des Juifs d’Iraq – par Reut R. Cohen

La persécution des Juifs d’Iraq.

Reut R. Cohen.

Article original : The Persecution of Jews in Iraq

Traduit par Sacha Bergheim avec l’aimable autorisation de l’auteur.

aschkel.infolessakelecontrecourant

« La déshumanisation de l’identité juive, provenant de tourments et d’humiliations incessants, nous a réduit au plus bas niveau de nos facultés physiques et mentales et nous ont privé de notre pouvoir de guérir. » Max Sawadayee, Juif d’Iraq, dans « All waiting to be Hanged » (Tous dans l’attente d’être pendus)


Mon grand-père paternel se souvenait nettement de son vécu de Juif à Bagdad et du Fahrud de 1941 qui eut lieu durant la fête juive de Shavouot. Il m’a appris que Farhud en arabe signifie littéralement « pogrome » ou « dépossession violente ». Il s’agissait d’un pogrome nazi, coordonné par des leaders génocidaires comme le Mufti Haj Amin al-Husseini et Rashi Ali. Pendant deux jours, la foule arabe s’est déchaînée à Bagdad et dans d’autres villes d’Iraq. Près de 150 Juifs ont été tués et plus de 2 000 blessés ; quelques 900 maisons juives ont été détruites et pillées, et des centaines de magasins tenus par des Juifs ont été volés et détruits.

Reut R. Cohen et son grand père en 1987.


Les plus anciens membres de ma famille se souviennent avoir été témoins de la façon dont les soldats iraqiens ont arraché des enfants à leurs familles, arraché les bras de jeunes filles pour leur voler leurs bracelets ; des femmes enceintes ont été violées et éventrées. Mon grand-père a caché son bébé sous sa chemise lorsque les violences ont commencé et il s’est enfui de sa maison. Mon arrière-grand-père a sauvé toute sa famille durant les émeutes qui avait éclaté à Bagdad en affirmant être un Musulman lorsque les troupes iraqiennes sont entrées dans les maisons dans le but de piller, violer et tuer. Malheureusement, les Britanniques ne sont pas intervenus et ne semblent pas s’être inquiétés de ce qui arrivait à la communauté juive. À la fin, alors qu’être Juif était concrètement synonyme de condamnation, la famille de mon père s’est échappée jusqu’en Israel avec leurs vêtements pour seul bien – ces derniers avaient été confisqués – laissant derrière eux tout ce qu’il connaissait. Ce vécu n’est pas unique et a été partagé par plusieurs milliers de Juifs bagdadi.

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Sur le Chemin de la Liberté – Israel 1947-1949 II.3

Sur le chemin de la liberté

Israel 1947 – 1949

par Sacha Bergheim

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II

La restauration politique

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III La refondation d’une société juive indépendante par l’autodétermination

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Les institutions juives présentes durant le Mandat britannique ont non seulement formé le coeur social et politique du futur Etat d’Israel, mais elles ont assumé la fonction concrète d’administration et de pratique démocratique : un constat que feront les différentes commissions britanniques ou onusiennes et qui rendra l’idée d’une partition non seulement nécessaire (aucun accord n’était possible avec les dirigeants arabes) mais réalisable (les institutions juives étaient effectives et présentes).

Ainsi, la démocratie pré-étatique s’illustre dans l’Assemblée des Députés (Asefat haNivharim -אספת הנבחרים) qui s’est réunie la première fois le 19 avril 1920 pour un mandat de 5 ans, et n’aura pas d’équivalent du côté arabe en terme de représentativité et d’expression politique libre et plurielle. Les Britanniques installeront le Conseil Suprême islamique en 1921, et le Comité Supérieur Arabe sera établi le 25 avril 1936 à l’initiative de Amin al Husseini, mais ces deux organes ne représenteront que les intérêts des classes dirigeantes, grands propriétaires terriens et dignitaires religieux qui se recrutaient dans ces mêmes réseaux.

Discours tenu par Ben Gourion pendant la session de l'asefat hanivharim tenue le 20051947 à Jerusalem -pinn hans
Discours tenu par Ben Gourion pendant la session de l'Asefat haNivharim du 20 mai 1947 à Jerusalem - Photo pinn hans

Ce « parlement juif » est complété par l’exécutif, le Va’ad Leumi (le Conseil National) qui fonctionne à l’image d’un gouvernement. Il comprend une trentaine de représentants des principaux groupes parlementaires. Cet élément est décisifs : ils ne sont donc ni nommés ni redevables ni d’un homme auxquels ils devraient leur place, ni d’une appartenance à un clan ou une élite. Parmi eux, les plus compétents sont choisis pour se réunir et former un comité restreint, participer au Congrès général sioniste,…

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Sur le chemin de la liberté – Israel 1947-1949 II.2

Sur le chemin de la liberté

Israel 1947 – 1949

par Sacha Bergheim

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II

La restauration politique.


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II.2 La refondation d’une société juive indépendante et le sens de l’autodéfense

L‘histoire de l’Etat d’Israel ne commence pas le 15 mai 1948.

Dès avril, les institutions démocratiques juives sont en place, en conformité avec les règles internationales, et leur existence se situe dans la continuité des efforts constants entrepris avant même les années 1920 par les autorités juives.

La revendication juive incarnée par le sionisme ne manifeste pas une volonté de rupture avec l’espace oriental. Ben Gourion envisageait lui-même d’étudier le droit ottoman.

Ben Gourion, Yitshaq Ben Tsvi étudiant le droit en Turquie - Photo oct 1912
D. Ben Gourion et Y. Ben Tsvi étudiant en Turquie - Photo oct 1912

Ce même souci de respect de la légalité se retrouve dès lors que les Britanniques prirent le relais politique sur la région.

Si la guerre d’indépendance ne revêt pas la même signification selon que l’on se place du point de vue juif, britannique ou arabe, elle n’en constitue pas moins, dans l’histoire moderne, un exemple original d’auto-défense et d’auto-détermination. Read more

Sur le chemin de la liberté – Israel 1947-1949 II.1

SUR LE CHEMIN DE LA LIBERTE


ISRAEL 1947 – 1949

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II

La restauration politique juive

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II.1

Le nationalisme religieux arabe

et la présence juive sous le mandat britannique

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En environ un siècle de présence juive en Palestine, entre les progroms de Damas de 1840 et l’instauration du Mandat Britannique, le statut discriminant de dhimmi – sous l’égide du Califat ottoman – est remplacé sous l’égide d’une tutelle britannique partagée entre la reconnaissance politique des minorités juives (dans la lignée de la Déclaration Balfour) et les intérêts stratégiques d’une alliance avec les élites arabes (dans la lignée de la correspondance entre McMahon et le Chérif Hussein).

L’histoire moderne du Proche-Orient – et de ce fait incluant, Israel – peut être comprise comme les différentes formes politiques et religieuses que va prendre le rejet de la tutelle occidentale après le désenchantement consécutif à la libération du monde arabe contre la domination turque.

En ce sens, la confrontation entre Juifs et Arabes ne représente qu’un épisode d’une reconquista arabe, vieille de plusieurs siècles, et visant la retour d’une hégémonie théologico-politique musulmane sur le modèle de celle qui aurait existé du vécu du prophète et des quatre premiers califes. Il s’agit ainsi du retour de l’islam comme puissance expansionniste dans lequel la guerre acharnée contre Israel constitue d’une certaine façon la clé de voûte et l’étape initiale d’une revanche impérialiste et multiforme envers l’Occident, comme le montrent clairement les appels des dirigeants arabes à une future conquête de l’Europe par la démographie.

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Sur le chemin de la liberté – Israel 1947-1949 -1

Sur le chemin de la liberté

Israel 1947 – 1949

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Partition de l’Inde, partition de la Palestine : un parallèle saisissant

L’abandon progressif par les Britanniques de leur Empire a conduit après la Seconde Guerre mondiale à la mise en oeuvre de partitions politiques au sein de leurs anciennes colonies.

Du British Raj sont nées artificiellement le 15 août 1947 deux entités politiques, l’une dirigée par la Ligue musulmane de M. Jinnah au Pakistan et au futur Bangladesh, l’autre sous l’égide des membres du Parti du Congrès, artisans de l’indépendance de l’Union Indienne.

Nehru, leader du Congrès, et Jinnah, chef de la Ligue musulmane

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L’invention de la Palestine, instrument de stigmatisation du peuple juif

L’histoire palestinienne est une construction ex nihilo entièrement orientée par l’objectif d’anéantissement du judaïsme en Israel.

Le schéma récurrent selon lequel la victime (juive) serait devenue bourreau de la victime (palestinienne), illustre cette politique systématique de substitution historique qui sera reprise à grande échelle par de nombreux d’intellectuels en mal de reconnaissance ou de conformisme.

Affirmer la nature démocratique du régime communiste de Corée du Nord tient lieu de provocation. Railler et dénigrer toute parole israélienne, seul démocratie pluraliste du Moyen-Orient, est cependant devenu un lieu commun parce qu’elle est mise en contrepoint d’une authenticité brute, individualisée à l’extrême, dont l’écho médiatique complaisamment diffusé entretient l’inflation visuelle.

La récente parution dans le journal suédois « Aftonbladet » d’un article rappelant les pires heures de l’antisémitisme européen, témoigne de ce processus de construction d’une contre-mémoire militante, faisant pièce à celle de la Shoah, accusée d’une visibilité exclusive. Son auteur avouera avoir écrit sous l’influence de « témoignages » qu’ils n’avait cru déontologiquement utile de vérifier. Et le « journaliste » de s’étonner de la réaction disproportionnée des autorités juives et israéliennes indignées : tous les jours on publie des articles de ce genre, se justifiait-il.

L’imaginaire du conflit arabo-israélien place le « réfugié palestinien » au sommet d’une hiérarchie victimaire fondant une volonté acharnée d’uniformisation du discours de propagande anti-israélien.

Or, l’usage formaté du témoignage se heurte chez ses propres promoteurs à d’éloquentes contradictions, que les diffuseurs de second rang ne discernent plus, par pur parti-pris idéologique.

Ainsi, la réinvention de l’histoire, sous l’égide de la figure du « réfugié palestinien » constitue la pierre angulaire d’une guerre médiatique acculant l’Etat d’Israel à la position définitive de l’accusé.

Dans ce jeu d’ombre de la guerre des mots et des idées, Edward Saïd, intellectuel américain défenseur d’une thèse contestée sur l’orientalisme, et Mahmoud Darwich, poète auto-proclamé du « peuple palestinien », jouent le rôle de portes-parole apolitiques d’une mythologie impérialiste qui ne dit pas son non, où l’identité victimaire forgée de toute pièce devient par leur intermédiaire un instrument de contestation morale du droit à la liberté et à la souveraineté du peuple juif.

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