Publié par : contrecourant1 | 11 décembre 2010

Le sionisme des Juifs de Bukhara

Site israélien des juifs originaires d’Ouzbékistan

Le sionisme des Juifs de Bukhara

Par Sacha Bergheim

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Une communauté d’exception

La tradition fait remonter l’origine des juifs de Bukhara aux Tribus de Naphtali et d’Issachar exilées durant la captivité en Assyrie à partir du 7e siècle avant JC. Une seconde vague de Juifs descendant aux mêmes des exilés en Babylonie aurait rejoint l’Asie centrale autour des 5-6e siècles av. JC.

On considère que les Juifs de Bukhara (בוכרים‎ - یهودی بخارایی - яҳудиёни бухороӣ / ya’hudioni by’horoï - Бухарские евреи) ont généralement vécu en marge du reste du monde juif pendant plus de deux millénaires et ont maintenu et préservé leur héritage juif, développant une culture propre avec l’influence des cultures environnantes de l’Asie Centrale. D’autres Juifs se sont toutefois joints ultérieurement à la communauté d’Asie centrale (Juifs de Perse, du Moyen-Orient suivant la route de la Soie). L’histoire des Juifs de Bukhara se sépare de la communauté iranophone de Perse à la suite de la prise de pouvoir des chiites Safévides au 16e siècle qui entrent en conflit avec les Emirs d’Asie Centrale d’obédience sunnite.

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Publié par : contrecourant1 | 12 juillet 2010

Les Arabes de Palestine sous la bannière nazie. 1933-1946

Les arabes de Palestine sous la bannière nazie.

La collaboration entre nazis et nationalistes palestiniens

1933-1946

Une enquête de Sacha Bergheim

Contrat Creative Commons
Les arabes de Palestine sous la bannière nazie by Sacha Bergheim est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 Unported.

« La condition précise de notre collaboration avec l’Allemagne était l’entière liberté pour éliminer les Juifs, jusqu’au dernier, de la Palestine et du monde arabe. J’ai demandé à Hitler son accord explicite pour nous autoriser à résoudre le problème juif d’une façon bénéfique à nos aspirations raciales et nationales et conforme aux méthodes scientifiques que l’Allemagne a inventées pour s’occuper de ses Juifs. La réponse que je reçus fut : les Juifs sont à vous. »

Amin al Husseini, Mémoires. Rencontre avec Hitler du 28 novembre 1941.

« Nous admirions les Nazis. Nous étions immergés dans la littérature et les livres nazis. Nous fûmes les premiers à envisager de traduire Mein Kampf [en arabe]. Quiconque a vécu à Damas à cette époque était témoin de l’engouement arabe pour le nazisme. »

Sami al Jundi, fondateur du Parti Ba’ath syrien.

Une réalité historique négligée par la critique

Évoquer la participation arabo-musulmane au national-socialisme, ainsi que la permanence entre « résistance antisioniste » et mouvements nazis et néonazis, c’est mettre au jour un facteur essentiel, bien que généralement occulté (l’accès à des archives dispersées rend la recherche complexe et fastidieuse), de la perpétuation des conflits du Proche-Orient.

Le lien de parenté idéologique et de continuité logistique entre le national-socialisme et l’islam militant remontre aux années 1930 et se poursuit jusqu’à nos jours. Si le nationalisme arabe ne se réduit pas à sa composante fascisante, cette dernière représentent cependant un élément fondamental pour comprendre la guerre interne à l’islam, qui s’incarne tant dans la guerre de l’islamisme contre l’occident, que dans la diffusion à grande échelle des thèses antisémites dans le sillage des méthodes de propagande nazies.

Quelles ont été les conditions d’introduction, de diffusion et d’amplification des thèses fascistes et nazies dans le monde arabo-musulman ? Par quel biais l’antijudaïsme traditionnel dans l’islam – coextensif de la dhimmitude – a-t-il adopté les théories conspirationnistes de l’antisémitisme européen ?

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Sur le chemin de la liberté


Israel 1947 – 1949


par Sacha Bergheim

II

La restauration politique.


IV La reconnaissance internationale du droit à l’autodétermination juive : 1947-1948


AVIS: La publication complète ou partielle de l’article est soumise à l’autorisation préalable de l’auteur (contacter aschkel.info ou à-contre-courant).


L’UNSCOP.

La Commission Spéciale des Nations Unis pour la Palestine, formée le 13 mai 1947, est composée de onze pays (l’Australie, le Canada, la Tchécoslovaquie, le Guatemala, l’Inde, l’Iran, les Pays-Bas, le Pérou, l’Uruguay et la Yougoslavie), sous la présidence du suédois Emil Sandström.

Dr Enrique Fabregat, représentant l'Uruguay à l'UNSCOP - Photo Pinn Hans 14 juin 1947 Jerusalem

Dr Emi Sanström, représentant la Suède et Karl Lisicky, représentant la Tchécoslovaquie, membres de l'UNSCOP, arrivant à Jerusalem le 14 juin 1947 - Photo Pinn Hans

Dr Emi Sanström, représentant la Suède et Karl Lisicky, représentant la Tchécoslovaquie, membres de l'UNSCOP, arrivant à Jerusalem le 14 juin 1947 - Photo Pinn Hans

Membres de l'UNSCOP lors d'une sessions à l'YMCA de Jérusalem - 08 juillet 1947

Membres de l'UNSCOP lors d'une sessions à l'YMCA de Jérusalem - 08 juillet 1947

L'audition de Ben Gourion par les membres de l'UNSCOP (boycottée par les leaders arabes) - Jérusalem YMCA, 04 juillet 1947

Elle s’est rendue de Juin à Septembre de la même année en Palestine mandataire. Siégeant à Jérusalem, elle est d’emblée boycottée par le Comité supérieur arabe qui lui notifie sa décision le 10 juillet 1947. Décision symptomatique de deux éléments : l’ingérence des pays arabes voisins qui imposent le mufti al Husseini de retour de l’Allemagne nazie avec l’aide française, aux dépens de toute représentation locale arabe, d’une part, et, de facto le refus catégorique récurrent des dirigeants arabes d’un compromis, ne serait-ce que sous la forme d’une fédération, d’autre part.

En aucun cas, le travail de l’UNSCOP ne peut être vu comme l’enregistrement des décisions des grandes puissances favorables à la partition. Au contraire, des pays comme l’Inde, profondément marqués par les épreuves sanglantes de la partition, s’opposent d’emblée à tout solution non unitaire.

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Publié par : contrecourant1 | 17 juin 2010

La persécution des Juifs de Syrie – Reut R. Cohen

La persécutions des Juifs de Syrie.

Reut R. Cohen

Un article original : The Persecution of the Jews in Syria


Traduit par Sacha Bergheim avec l’aimable autorisation de l’auteur

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Il est important de remarquer que des pays comme l’Arabie Saoudite, le Yemen, Oman, la Jordanie, la Syrie, le Liban, l’Iraq et le Koweit n’existaient pas aux débuts du 20e siècle. La Syrie, par exemple, a été constituée en avril 1946, le Liban le 26 novembre 1941, même s’il n’a été reconnu que le 22 novembre 1943.

Israel, souvent désigné comme Palestine (un terme qui remonte aux colonies de l’Empire romain plutôt qu’à l’histoire des Arabes) a une existence attestée dans l’histoire comme Royaume juif.

L’essentiel du Proche-Orient a été dominé par l’Empire ottoman, puis les Britanniques ont plus tard pris le contrôle de la région et ont créé de nouveaux pays, installé des royaumes, tel que le Royaume hachémite de Jordanie qui n’avait jamais auparavant existé. De nombreux peuples non-musulmans vivaient dans ces régions et représentaient une part significative de la population de villes comme Bagdad, le Caire, Damas, avant l’émergence du mouvement nationaliste arabe. Les Juifs étaient ceux, parmi ces peuples, qui ont eu une présence continue de Jérusalem à Hébron, jusqu’au Yémen et à l’Iraq d’aujourd’hui.


Sous le joug islamique les Juifs vivaient en Syrie en tant de dhimmis et avaient de ce fait des droits sociaux et juridiques moindres que les musulmans. La situation des Juifs dans les années 1940 s’est détériorée en raison du mouvement national arabe. Des émeutes eurent lieu à plusieurs reprises à Damas. Le pillage des maisons et le viol des femmes juives étaient courants. Ma grand-mère maternelle qui vivait à Damas s’est enfuie de Syrie au milieu des années 1940. Ses parents étaient décédés et elle était contrainte de vivre avec une soeur aînée. Ma grand-mère était consciente que la vie pour les Juifs devenait dans les années 1940 plus difficile. Sous le joug colonial français, les Juifs étaient un peu plus acceptés en Syrie, mais l’avènement du nationalisme arabe a vu la situation des Juifs se dégrader rapidement.


À l’âge de 16 ans, ma courageuse grand-mère a décidé de faire un long et pénible voyage pour rejoindre Israel, en payant un homme druze avec l’or que sa mère lui avait laissé.

Reut Cohen avec sa grand-mère en 1988

Ma grand-mère et d’autres Juifs qui partaient de Syrie vers Israel devaient marcher la nuit car les autorités syriennes incarcéraient tout Juif fuyant en direction d’Israel. Pour beaucoup de Juifs, il était donc presque impossible de s’enfuir. Les derniers Juifs de Syrie ont pu s’échapper au début des années 1990. Nos proches parents, qui sont arrivés en Israel à ce moment, nous ont reconnu ce qu’ils ont vécu. Ils avaient été arrêtés par les autorités syriennes, torturés pendant des années et subissant des crimes innommables, perpétrés par la police syrienne.

Famille juive dans leur ancienne maison en 1901 à Damas, alors sous joug turc

Avant 1947, il y avait plus de 30 000 Juifs vivant en Syrie. Les trois principaux groupes étaient composés des Juifs Mizrahi de Damas, des Juifs kurdophones de Kamishli, et des Juifs d’Alep liés à l’Espagne.


L’histoire de la présence juive en Syrie peut être retracée jusqu’avant même l’introduction du christianisme et de l’islam. À certains moments, la situation des Juifs en Syrie fut relativement bonne. Par exemple, Menashe Ibrahim el Kazzaz dirigea l’administration syrienne et garantit aux Juifs la possibilité de tenir des positions au gouvernement.

Mariage juif à Alep en Syrie - 1914

À la suite de l’indépendance syrienne en 1946, les attaques contre les Juifs et leurs biens s’accentuèrent et culminèrent à plusieurs reprises dans des pogromes sanglants. Le pogrome de 1947, par exemple, laissa tous les magasins et les synagogues d’Alep en ruine. Les Juifs furent déclarés « ennemis du gouvernement ». Des milliers de Juifs fuirent alors le pays en dépit des menaces du gouvernement syrien d’incarcération et d’assassinat contre tous ceux qui oseraient s’échapper. Les maisons et les biens des Juifs furent saisis par les musulmans locaux et les autorités.


Le Juifs de Syrie qui restaient se trouvèrent dans l’impossibilité de s’échapper. Ils étaient otages d’un régime fasciste. On leur disait qu’ils ne pourraient quitter la Syrie qu’à la condition d’abandonner des membres de leur famille. C’est pourquoi la communauté vécut alors enfermée et sous la peur, surveillée par la police secrète.


Le dernier exode des Juifs syriens a eu lieu aux environs d’octobre 1994 lorsque des Juifs s’en allèrent avec leur grand rabbin. 1 262 Juifs syriens ont été sauvé et conduit en Israel. Rabbi Avraham Hamra, leader spirituel de la communauté juive syrienne, fit parti de ceux qui quittèrent le pays et immigrèrent à New York. Il vit aujourd’hui en Israel.


Il reste aujourd’hui moins de 100 Juifs en Syrie. Les Juifs y sont la seule minorité avec des passeports et des cartes d’identité indiquant leur religion.



Sources:

"Country Reports on Human Rights Practices." U.S. Department of State. 4 Mar. 2002. US Department of State. 19 Jan. 2009 .

Frankel, Jonathan. The Damascus Affair. Cambridge: Cambridge University Press, 1997

Singer, David and Lawrence Grossman. American Jewish Year Book 2003. American Jewish Committee, 2003.

Stillman, Norman. The Jews of Arab Lands in Modern Times. Philadelphia: The Jewish Publication Society, 1991.

Yadin, Yigael. Bar-Kokhba; the Rediscovery of the Legendary Hero of the Last Jewish Revolt against Imperial Rome. London: Weidenfeld and Nicolson, 1971.

Ye’or, Bat et.al. Islam and Dhimmitude. Madison: Fairleigh Dickinson University Press, 2002.

Publié par : contrecourant1 | 9 juin 2010

La persécutions des Juifs d’Iraq – par Reut R. Cohen

La persécution des Juifs d’Iraq.

Reut R. Cohen.

Article original : The Persecution of Jews in Iraq

Traduit par Sacha Bergheim avec l’aimable autorisation de l’auteur.

aschkel.infolessakelecontrecourant

« La déshumanisation de l’identité juive, provenant de tourments et d’humiliations incessants, nous a réduit au plus bas niveau de nos facultés physiques et mentales et nous ont privé de notre pouvoir de guérir. » Max Sawadayee, Juif d’Iraq, dans « All waiting to be Hanged » (Tous dans l’attente d’être pendus)


Mon grand-père paternel se souvenait nettement de son vécu de Juif à Bagdad et du Fahrud de 1941 qui eut lieu durant la fête juive de Shavouot. Il m’a appris que Farhud en arabe signifie littéralement « pogrome » ou « dépossession violente ». Il s’agissait d’un pogrome nazi, coordonné par des leaders génocidaires comme le Mufti Haj Amin al-Husseini et Rashi Ali. Pendant deux jours, la foule arabe s’est déchaînée à Bagdad et dans d’autres villes d’Iraq. Près de 150 Juifs ont été tués et plus de 2 000 blessés ; quelques 900 maisons juives ont été détruites et pillées, et des centaines de magasins tenus par des Juifs ont été volés et détruits.

Reut R. Cohen et son grand père en 1987.


Les plus anciens membres de ma famille se souviennent avoir été témoins de la façon dont les soldats iraqiens ont arraché des enfants à leurs familles, arraché les bras de jeunes filles pour leur voler leurs bracelets ; des femmes enceintes ont été violées et éventrées. Mon grand-père a caché son bébé sous sa chemise lorsque les violences ont commencé et il s’est enfui de sa maison. Mon arrière-grand-père a sauvé toute sa famille durant les émeutes qui avait éclaté à Bagdad en affirmant être un Musulman lorsque les troupes iraqiennes sont entrées dans les maisons dans le but de piller, violer et tuer. Malheureusement, les Britanniques ne sont pas intervenus et ne semblent pas s’être inquiétés de ce qui arrivait à la communauté juive. À la fin, alors qu’être Juif était concrètement synonyme de condamnation, la famille de mon père s’est échappée jusqu’en Israel avec leurs vêtements pour seul bien – ces derniers avaient été confisqués – laissant derrière eux tout ce qu’il connaissait. Ce vécu n’est pas unique et a été partagé par plusieurs milliers de Juifs bagdadi.

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Publié par : contrecourant1 | 3 mai 2010

Sur le Chemin de la Liberté – Israel 1947-1949 II.3

Sur le chemin de la liberté

Israel 1947 – 1949

par Sacha Bergheim

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II

La restauration politique

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III La refondation d’une société juive indépendante par l’autodétermination

AVIS: La publication complète ou partielle de l’article est soumise à l’autorisation préalable de l’auteur (contacter aschkel.info ou à-contre-courant).


Les institutions juives présentes durant le Mandat britannique ont non seulement formé le coeur social et politique du futur Etat d’Israel, mais elles ont assumé la fonction concrète d’administration et de pratique démocratique : un constat que feront les différentes commissions britanniques ou onusiennes et qui rendra l’idée d’une partition non seulement nécessaire (aucun accord n’était possible avec les dirigeants arabes) mais réalisable (les institutions juives étaient effectives et présentes).

Ainsi, la démocratie pré-étatique s’illustre dans l’Assemblée des Députés (Asefat haNivharim -אספת הנבחרים) qui s’est réunie la première fois le 19 avril 1920 pour un mandat de 5 ans, et n’aura pas d’équivalent du côté arabe en terme de représentativité et d’expression politique libre et plurielle. Les Britanniques installeront le Conseil Suprême islamique en 1921, et le Comité Supérieur Arabe sera établi le 25 avril 1936 à l’initiative de Amin al Husseini, mais ces deux organes ne représenteront que les intérêts des classes dirigeantes, grands propriétaires terriens et dignitaires religieux qui se recrutaient dans ces mêmes réseaux.

Discours tenu par Ben Gourion pendant la session de l'asefat hanivharim tenue le 20051947 à Jerusalem -pinn hans

Discours tenu par Ben Gourion pendant la session de l'Asefat haNivharim du 20 mai 1947 à Jerusalem - Photo pinn hans

Ce « parlement juif » est complété par l’exécutif, le Va’ad Leumi (le Conseil National) qui fonctionne à l’image d’un gouvernement. Il comprend une trentaine de représentants des principaux groupes parlementaires. Cet élément est décisifs : ils ne sont donc ni nommés ni redevables ni d’un homme auxquels ils devraient leur place, ni d’une appartenance à un clan ou une élite. Parmi eux, les plus compétents sont choisis pour se réunir et former un comité restreint, participer au Congrès général sioniste,…

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Publié par : contrecourant1 | 18 avril 2010

Sur le chemin de la liberté – Israel 1947-1949 II.2

Sur le chemin de la liberté

Israel 1947 – 1949

par Sacha Bergheim

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II

La restauration politique.


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II.2 La refondation d’une société juive indépendante et le sens de l’autodéfense

L‘histoire de l’Etat d’Israel ne commence pas le 15 mai 1948.

Dès avril, les institutions démocratiques juives sont en place, en conformité avec les règles internationales, et leur existence se situe dans la continuité des efforts constants entrepris avant même les années 1920 par les autorités juives.

La revendication juive incarnée par le sionisme ne manifeste pas une volonté de rupture avec l’espace oriental. Ben Gourion envisageait lui-même d’étudier le droit ottoman.

Ben Gourion, Yitshaq Ben Tsvi étudiant le droit en Turquie - Photo oct 1912

D. Ben Gourion et Y. Ben Tsvi étudiant en Turquie - Photo oct 1912

Ce même souci de respect de la légalité se retrouve dès lors que les Britanniques prirent le relais politique sur la région.

Si la guerre d’indépendance ne revêt pas la même signification selon que l’on se place du point de vue juif, britannique ou arabe, elle n’en constitue pas moins, dans l’histoire moderne, un exemple original d’auto-défense et d’auto-détermination. Lire la Suite…

Publié par : contrecourant1 | 31 mars 2010

Sur le chemin de la liberté – Israel 1947-1949 II.1

SUR LE CHEMIN DE LA LIBERTE


ISRAEL 1947 – 1949

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II

La restauration politique juive

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II.1

Le nationalisme religieux arabe

et la présence juive sous le mandat britannique

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En environ un siècle de présence juive en Palestine, entre les progroms de Damas de 1840 et l’instauration du Mandat Britannique, le statut discriminant de dhimmi – sous l’égide du Califat ottoman – est remplacé sous l’égide d’une tutelle britannique partagée entre la reconnaissance politique des minorités juives (dans la lignée de la Déclaration Balfour) et les intérêts stratégiques d’une alliance avec les élites arabes (dans la lignée de la correspondance entre McMahon et le Chérif Hussein).

L’histoire moderne du Proche-Orient – et de ce fait incluant, Israel – peut être comprise comme les différentes formes politiques et religieuses que va prendre le rejet de la tutelle occidentale après le désenchantement consécutif à la libération du monde arabe contre la domination turque.

En ce sens, la confrontation entre Juifs et Arabes ne représente qu’un épisode d’une reconquista arabe, vieille de plusieurs siècles, et visant la retour d’une hégémonie théologico-politique musulmane sur le modèle de celle qui aurait existé du vécu du prophète et des quatre premiers califes. Il s’agit ainsi du retour de l’islam comme puissance expansionniste dans lequel la guerre acharnée contre Israel constitue d’une certaine façon la clé de voûte et l’étape initiale d’une revanche impérialiste et multiforme envers l’Occident, comme le montrent clairement les appels des dirigeants arabes à une future conquête de l’Europe par la démographie.

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Publié par : contrecourant1 | 9 mars 2010

Sur le chemin de la liberté – Israel 1947-1949 -1

Sur le chemin de la liberté

Israel 1947 – 1949

Avis:

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Partition de l’Inde, partition de la Palestine : un parallèle saisissant

L’abandon progressif par les Britanniques de leur Empire a conduit après la Seconde Guerre mondiale à la mise en oeuvre de partitions politiques au sein de leurs anciennes colonies.

Du British Raj sont nées artificiellement le 15 août 1947 deux entités politiques, l’une dirigée par la Ligue musulmane de M. Jinnah au Pakistan et au futur Bangladesh, l’autre sous l’égide des membres du Parti du Congrès, artisans de l’indépendance de l’Union Indienne.

Nehru, leader du Congrès, et Jinnah, chef de la Ligue musulmane

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Publié par : contrecourant1 | 18 février 2010

L’invention de la Palestine, instrument de stigmatisation du peuple juif

L’histoire palestinienne est une construction ex nihilo entièrement orientée par l’objectif d’anéantissement du judaïsme en Israel.

Le schéma récurrent selon lequel la victime (juive) serait devenue bourreau de la victime (palestinienne), illustre cette politique systématique de substitution historique qui sera reprise à grande échelle par de nombreux d’intellectuels en mal de reconnaissance ou de conformisme.

Affirmer la nature démocratique du régime communiste de Corée du Nord tient lieu de provocation. Railler et dénigrer toute parole israélienne, seul démocratie pluraliste du Moyen-Orient, est cependant devenu un lieu commun parce qu’elle est mise en contrepoint d’une authenticité brute, individualisée à l’extrême, dont l’écho médiatique complaisamment diffusé entretient l’inflation visuelle.

La récente parution dans le journal suédois "Aftonbladet" d’un article rappelant les pires heures de l’antisémitisme européen, témoigne de ce processus de construction d’une contre-mémoire militante, faisant pièce à celle de la Shoah, accusée d’une visibilité exclusive. Son auteur avouera avoir écrit sous l’influence de « témoignages » qu’ils n’avait cru déontologiquement utile de vérifier. Et le « journaliste » de s’étonner de la réaction disproportionnée des autorités juives et israéliennes indignées : tous les jours on publie des articles de ce genre, se justifiait-il.

L’imaginaire du conflit arabo-israélien place le « réfugié palestinien » au sommet d’une hiérarchie victimaire fondant une volonté acharnée d’uniformisation du discours de propagande anti-israélien.

Or, l’usage formaté du témoignage se heurte chez ses propres promoteurs à d’éloquentes contradictions, que les diffuseurs de second rang ne discernent plus, par pur parti-pris idéologique.

Ainsi, la réinvention de l’histoire, sous l’égide de la figure du « réfugié palestinien » constitue la pierre angulaire d’une guerre médiatique acculant l’Etat d’Israel à la position définitive de l’accusé.

Dans ce jeu d’ombre de la guerre des mots et des idées, Edward Saïd, intellectuel américain défenseur d’une thèse contestée sur l’orientalisme, et Mahmoud Darwich, poète auto-proclamé du « peuple palestinien », jouent le rôle de portes-parole apolitiques d’une mythologie impérialiste qui ne dit pas son non, où l’identité victimaire forgée de toute pièce devient par leur intermédiaire un instrument de contestation morale du droit à la liberté et à la souveraineté du peuple juif.

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Publié par : contrecourant1 | 9 septembre 2009

Hilda Dajc : vérité et sens tragique du témoignage

VERITE ET SENS TRAGIQUE DU TEMOIGNAGE

LES LETTRES DE HILDA DAJC


Nous souhaitons publier ici le témoignage d’Hilda Dajč.

hilda-dajc

Témoignage, sans doute le mot est-il sur un plan inexact, de prime abord. Car ses lettres n’avaient pas vocation à être publiées. Il ne s’agissait que d’une correspondance privée. Mais le contexte donne à ces lettres une toute autre valeur.
Parce qu’elles permettent de vivre de façon poignante le vécu -de l’intérieur- d’une jeune femme éduquée qui choisit d’aider les siens dans un camp crée par les nazis. Parce que la mort anonyme souhaitée par les nazis, qui avaient fait de l’éradication de toute présence juive, actuelle ou passée, en Europe, leur but ultime.
Processus funeste et assassin qui voulait sceller par le sang des victimes les autres peuples européens aux idéologies totalitaires.
Contrebalançant une certaine froideur des théories d’historiens, le témoignage est une trace laissée sans la volonté de l’abandonner, une trace qui est à la fois le garant de sa propre vérité et l’indice authentifiant les reconstructions opérées a posteriori.

Une trace complémentaire de celles que les survivants de l’Holocauste vont nous transmettre.

Face aux négateurs de tous bords, le sens tragique qui émane de ces lettres s’avère particulièrement émouvant, relatant quelques pages de la vie brisée d’une jeune femme intelligente que rien n’aurait dû conduire à cette fin terrible.
Et c’est aussi grâce à ces lettres qu’Hilda et tant d’autres, privés de sépulture et de dignité par leurs bourreaux, trouvent dans la lecture et dans la mémoire, ce respect qui leur est dû.
Un grand merci à Gilles Raphel pour faire connaître ce témoignage.

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Source : http://www.semlin.info/ © Copyright

Traduit de l’anglais par Gilles Raphel

Publié par : Lessakele et Aschkel.

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Publié par : contrecourant1 | 26 août 2009

Une terre et des hommes : Israel – Pays pionnier 4/

UNE TERRE ET DES HOMMES

ISRAEL – PAYS PIONNIER

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QUATRIEME ET DERNIERE PARTIE


DU KINNERET A TEL AVIV EN PASSANT PAR HAIFA

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Ce voyage touche à sa fin.

Un voyage qui nous a conduit en Erets Yisra’el, et nous avons parcouru cette terre d’Israel depuis les sables de Tel Aviv naissante jusqu’aux Lumières de Yerushalayim, ville où convergent tous les regards du judaïsme.

Puis nous avons rejoint le Yarden jusqu’à Tsfat, découvrant les fermes que les pionniers ont bâties sur ces terres abandonnées.

Oui, nous avons découvert, comme les pionniers sionistes, que ce pays était misérable, abandonné, aride et rocailleux.

A chaque pas, nous avons foulé le sol de la tradition biblique.

Et en portant le regard dans les vallées et les collines, nous y avons vu une terre en friche, où chacune des pierres a été déplacée à la main par les pionniers sionistes, pour rendre à cette terre d’Israel toute sa fertilité.

Cette facette du sionisme apparaît si loin de tout ce qu’on peut entendre ici ou là. C’est pourtant la seule, celle qui a existé et celle qui a donné au futur Etat d’Israel ses fondations. De concrètes fondations faites de draînage de marécages et de défrichage de terres abandonnées par leurs propriétaires terriens de Damas ou de Beiruth.

Le sionisme est cette extraordinaire aventure de labeur et de liberté.

Loin des persécutions, des interdictions, et des pogroms, loin des ghettos et des mellahs, loin de l’oppression, loin de la haine et de la folie.

Un amour de la terre, du temps présent, de l’enracinement créatif.

Le sionisme est amour de la terre. Il naît de la beauté de la terre d’Israel que les pionniers allaient faire revivre.

Sinon, quelle force aurait pu animer ces femmes et ces hommes pour défricher ces terres à main nue et à la sueur de leur front ?

Le sionisme est amour de la liberté. Et suscite les convoitises… Mais laissons-là tous ces enragés qui ont fait le choix de la destruction…

Notre retour vers Tel Aviv passe par Tibériade, avant de nous rendre à Haifa et à la plaîne de Sharon.

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Publié par : contrecourant1 | 30 juillet 2009

Une terre et des hommes : Israel – Pays pionnier /3

UNE TERRE ET DES HOMMES

ISRAEL – PAYS PIONNIER

DE JERUSALEM A SAFED-3

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La Terre d’Isra’el a été laissée à l’abandon jusqu’au retour des Juifs, à la faveur de l’époque moderne.

Courants religieux achkénazes, yéménites ou sépharades vont associer leurs aspirations communautaires avec les pionniers venant du monde ashkénaze et restaurer des villages, à partir de la seule mémoire et de la tradition, sans d’autre appui ponctuel que celui de philanthropes.

Ces terres ont été défrichées.

Chaque pierre de ces champs a été déplacée à la main.

Chaque parcelle a été rendue fertile par un labeur incessant et harassant.

Il est difficile de s’imaginer, aujourd’hui, la vie en quasi-autarcie, rude et ingrate, éreintante et magnifique, pour cette oeuvre laissée aux générations à venir.

* * * * *

La renaissance juive est, à partir du 18e siècle, intellectuelle et religieuse.

Sur les ruines des errements de Shabbtaï Tsvi, le monde juif s’est progressivement reconstruit autour de la langue hébraïque (avec les premières revues publiées dès le milieu du 18e siècle, avant de connaître un essor fulgurant au 19e) , jusqu’à l’accomplissement dû à l’oeuvre exemplaire et passionnée de Eliezer ben Yehuda.

Une renaissance autour de la mémoire, avec une progressive prise de conscience de l’historicité de la vie juive (entamée par l’école de la Science du judaïsme à partir de 1822), jusqu’à la restauration politique sioniste, dont l’Etat d’Israel est l’incarnation.

Restauration culturelle et politique qui ne s’est pas faite sans difficulté, que ce soit avec les illusions de l’assimilation, ce renoncement identitaire qui, de façon tragique, n’a épargné aucune famille d’ascendance juive (car, selon les nazis, la judéité représente un facteur racial et non culturel).

Le monstre hideux de l’antisémitisme a trouvé, et trouve encore aujourd’hui de nouveaux prétextes, et son incessante résurgence est un appel à l’humanité toute entière à ne pas verser dans la barabarie, le non-sens, l’arbitraire et la déchéance.

La vie en Israel, dans cette terre chargée d’espoir s’est jouée aussi la restauration symbolique de toutes les émancipations, et restauration affirmée contre les négationnismes et contre l’oubli.

Une terre abandonnée qui, grâce à la détermination de ces femmes et de ces hommes, a retrouvé sa luminosité et son calme verdoyant, une conquête de tous les instants contre les destructions et les haines.

Et aujourd’hui, Tisha beAv, c’est à cette restauration que ce parcours dans erets yisra’el, entre le 19e et le 20e, voudrait rendre hommage.

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Publié par : contrecourant1 | 13 juillet 2009

Une terre et des hommes : Israel pays pionnier -2

UNE TERRE ET DES HOMMES : ISRAEL – PAYS PIONNIER

DE TEL AVIV A JERUSALEM

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Parler d’occupation concernant la présence juive en Israel c’est de toute évidence une erreur historique, et un parti-pris idéologique marqué par la cécité et le mensonge.

Mais cela représente aussi une véritable injustice à l’égard de toutes celles et tous ceux qui ont accompli ce labeur harassant de défrichement et de construction. Parce quà leur arrivée, les pionniers n’ont trouvé qu’une terre aride, misérable, peuplée de quelques bourgades, et de bédouins itinérants à la recherche des sources et des maigres pâturages. Les yichouvim y demeurait dans des conditions précaires, tant à Jerusalem où ils étaient majoritaires qu’à Safed ou dans des petits villages de Samarie ou de Galilée.

Le pays tel que nous le connaissons aujourd’hui, accueillant, verdoyant, reboisé, avec ses villes et ses routes, a été  bâti de main d’homme, dans des conditions rudes, dans l’insécurité, mais avec une exemplaire détermination et une rare espérance.

Continuons notre découverte de cet esprit pionnier !

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Publié par : contrecourant1 | 5 juillet 2009

Une terre et des hommes : Israel – pays pionnier

ISRAEL PAYS PIONNIER

L’histoire de l’Etat d’Israel est avant tout l’oeuvre de pionniers, d’hommes et de femmes qui sont partis de rien, et sur une terre aride, souvent insalubre, et misérable par des siècles d’abandon, qu’ils ont réussi à faire reverdir.

Des pages d’histoire généralement omises au profit d’une version idéologique qui n’a conduit qu’à plus de haine.

L’histoire de ses hommes et de ses femmes qui ont, de leur propre main, de leur propres efforts, et grâce à leur volonté et leur amour pour cette terre d’Israel, ont acquis, plus que quiconque, le droit à y vivre. Une terre ne porte pas de titre de propriété. Elle accueille celui qui a su se montrer digne du don de cette terre.

Et ce sont quelques pages de cette histoire d’à peine un siècle que cet article souhaite présenter.

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